CHAPITRE Vlll.
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son nom, donna, sur le lieu même, le signalement ducoupable et les renseignements les plus précis On la con-duisit ensuite aux Tuileries , où, après avoir subi un nouvelinterrogatoire, elle fut présentée à de hauts personnagesqui la comblèrent de félicitations et de caresses. On s’en-quit de sa position, qui était assez modeste, et l’on appritqu'elle était venue de Bergues à Paris pour solliciter lasurvivance d’une direction de poste. Elle n’en fut pasmoins entourée de soins délicats; l’hôtellerie où elleétait descendue ne fut pas jugée digne de recevoir unefemme devenue à ce point importante dans l’État; lesjournaux de la Cour ne parlèrent plus de M lle Bouryqu’avec respect, et affectèrent de l’appeler exclusivement :« La jeune personne qui a sauvé le roi. »
Lui, cependant, il était arrivé au Palais-Bourbon , où lanouvelle du danger couru ne l’avait point précédé. Aussi,n’y eut-il rien d’insolite dans la réception que les dépu-tés firent au monarque; les uns poussant des cris, lesautres restant silencieux et immobiles, selon la diversitédes opinions ou des sentiments. Louis-Philippe lut avecune émotion, dont une grande partie de l’assemblée igno-rait encore la cause, le discours préparé par les ministres.Ce discours respirait la menace. Le gouvernement s’y fé-licitait de sa double victoire sur les factions, promettaitde les accabler, s’exprimait en termes fort vagues sur lapaix de l’Europe , et en termes décisifs sur l’impossibilitéd’alléger les charges publiques. Nul doute qu’un pareillangage n’eùt été froidement accueilli si, avant la fin dela séance, la nouvelle ne se fût répandue que Louis-Phi-lippe venait d’échapper à la mort. Aussitôt toutes les opi-nions se réunirent dans une même pensée de réprobation ;