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HISTOIRE DE DIX AXS.
et, le soir, les députés se rendirent en grand nombre auChâteau; ceux-ci, parce qu’ils étaient pénétrés réellementd'indignation et de douleur, ceux-là, parce qu’ils ne vou-laient point perdre cette occasion particulière de flatter.
« Eh bien! dit le roi à M. Dupin, ils ont donc tiré sur« moi ? — Sire, répondit M. Dupin, ils ont tiré sur eux. »Mot profond, mais qui calomniait tout un parti !
Et en effet, cet attentat n’était l’œuvre d'aucun parti,et les républicains en repoussèrent la solidarité avec uneénergie hautaine et sincère, ^'importe : on vit se repro-duire la polémique sans bonne foi, sans dignité, sans pu-deur, que l’assassinat du duc de Berri avait soulevée sousla Restauration. Du fanatisme de quelques hommes lescourtisans conclurent à celui d’une opinion, dont la lo-gique était ainsi condamnée comme homicide. Sous laRestauration, les feuilles de la Cour avaient dit : « Le« poignard de Louvel est une idée libérale. » Sous Louis-Philippe , il se trouva des hommes qui dirent : « La vie« du roi vient d’ètre menacée par une idée républicaine. »Car le mensonge est l’arme éternelle des partis.
Du reste, en cette querelle, l'injustice se trouva aussidu côté des journaux de l’Opposition. A des insinua-tions odieuses quelques-uns d'entre eux opposèrent deshypothèses invraisemblables, et la police fut accuséegravement d'avoir joué, pour ranimer en faveur de lamonarchie l’enthousiasme éteint, la comédie d'un assas-sinat.
Quoi qu’il en soit, l'instruction se poursuivit avec acti-vité. La police, qui n'avait pu arrêter personne sur le Pont-Royal, fit de nombreuses arrestations à domicile. Onassure que plusieurs mandats d’arrêt avaient été préparés,