CHAPITRE VIII.
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dès la veille, dans la prévision des troubles qu'annonçaientla fermentation des sociétés populaires.
Le 14 novembre, cinq jours avant la séance royale,deux individus faisant partie de la Société des Droits del’Homme , les sieurs Collet et Cantineau, s’étaient présen-tés à la préfecture de police et y avaient révélé un prétenducomplot formé entre les citoyens Bergeron, Billard etGirou. Pour se mettre à l’abri de tout soupçon et de toutevengeance, autant que pour donner à la police un gagede leur sincérité, les deux délateurs demandèrent à êtremis en état d’arrestation. Billard, le seul qu’ils eussentdésigné clairement, le seul dont ils eussent pu indiquer lademeure, fut arrêté sur-le-champ. Girou ne tomba auxmains des agents de l’autorité que le lendemain de l’at-tentat, et Bergeron que cinq jours après, quoi qu’il ait étéétabli par l’instruction que ce dernier n’avait pas inter-rompu l’exercice de ses fonctions dans l'institution à la-quelle il était attaché comme répétiteur.
Pendant que Bergeron était conduit de son domicile àla préfecture de police, une voiture de poste, escortée parla gendarmerie, amenait de Chauny dans la capitale ledocteur Benoist, républicain avoué. Une dénonciation im-putée à la jalousie d’un confrère avait signalé M. Benoistcomme s’étant rendu à Paris la veille de l’ouverture desChambres, et l’ayant quitté précipitamment le lendemain.Par une étrange coïncidence, Benoit était l'ami intime deBergeron, et il fut constaté qu'ils avaient passé ensembleune partie de la journée du 19.
Le prévenu Girou avait été mis en présence de M 11 ' Boury,qui, sans -le reconnaître positivement, lui trouvait quel-que ressemblance avec le coupable. Bientôt cette demoi-