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Tome troisième.
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HISTOIRE DE DIX ANS.

selle fut appelée, ainsi que les autres témoins, à une con-frontation dans laquelle figuraient quatre suspects, lîer-geron, Benoist, Girou et Lambert. Celui-ci, ouvrier influentpar son intelligence et son courage, fut rendu à la liberté,parce qu’aucun des signalements donnés ne se rapportaità lui. Il en fut de même de Girou, quelque temps après.

A travers beaucoup de contradictions et d’incertitudes,les principales charges pesèrent surBergeron; mais cescharges n’allaient pas au-delà du doute : pas de témoi-gnage affirmatif, nulle reconnaissance formelle.

Bergeron, à peine âgé de vingt-un ans, était un jeunehomme d’une exaltation froide, de mœurs douces, d’uncaractère bienveillant quoique ferme et résolu. Son atti-tude devant les juges ne fut ni arrogante ni timide. Il nedissimula point son républicanisme, avoua sa participationaux combats des 5 et 6 juin, et se déclara prêt, à reprendreun fusil pour peu qu’il y eût dans une insurrection nou-velle des chances de succès. Le magistrat instructeur luiayant demandé : « Avez-vous dit que le roi méritait d’être« fusillé? » Bergeron répondit avec calme : « Je ne me« rappelle pas l’avoir dit, mais je le pense. »

Gette audacieuse franchise semblait donner plus de poidsaux dénégations formelles qu'il opposait à l’accusation.Interrogé sur l’emploi de son temps dans la journée du 19,il allégua son alibi au moment de l’attentat, et de nom-breux témoignages vinrent confirmer ses déclarations.

L’instruction touchait à son terme -, les incertitudes duparquet étaient au comble, et une oi'donnance de non lieuparaissait imminente, lorsqu’un incident imprévu ravival’accusation. Une femme , d’une moralité équivoque ,signala tout-à-coup à la justice, comme pouvant donner