HISTOIRE DE DIX ANS.
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place? criait M. Thiers à ses adversaires. Comment au-riez-vous surmonté tant de difficultés, conjuré tant depérils? Voyons, indiquez-nous vos procédés ; initiez-nousaux mystères de votre sagesse ! »
M. Odilon Barrot n’eut pas de peine à montrer combienétaient peu sérieuses de pareilles sommations. Mais lors-qu'il rappela, d’un ton amer et avec un geste animé : laChambre du double vote maintenue, l’hérédité de la pairiedisputée à l'opinion, l’abaissement du cens électoral con- *testé, la capacité en quelque sorte proscrite par la loi élec-torale; lorsqu'il condamna hautement, dans les allures dugouvernement nouveau, les traditions de celui qui avaitpéri dans une tempête ; lorsqu’il affirma que la royautévoulue en juillet, n’était pas une royauté s’appuyant sui-des intérêts de famille, de caste, d’aristocratie, et vivantsous le patronage de l’étranger ; lorsqu’enlin il accusa lesministres de n’avoir su que continuer la Restauration,M. Odilon Barrot fit, à son insu, le procès de la monarchieconsidérée dans son principe. Car une royauté ne sauraitpuiser dans son propre fonds ses moyens d’existence. Éta-blie sur le plus exorbitant de tous les privilèges, il fautqu'elle ait à côté d’elle un corps privilégié qui la défende.On la détruit si on l'isole, on la rend superflue et oné-reuse si on ne lui donne pas, comme en Angleterre, unearistocratie à représenter. Toute royauté qui n’est pas unsymbole est nécessairement une tyrannie, par cette raisonbien simple qu’un Pouvoir qui ne tire pas sa raison d’êtredu milieu dans lequel il vit, ne se conserve qu’à la condi-tion de s’imposer. L'Opposition demandait conséquem-ment l'impossible en demandant une royauté qui, selonl'expression de M. Odilon Barrot , « répondit à ce senti-