CHAPITRE IX.
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ici encore, la Conférence trahissait la vérité ; car, parexemple, le traité des 24 articles partageait le Luxem-bourg entre la Belgique et la Hollande , moyennant uneindemnité territoriale accordée à la dernière, tandis que,dans le traité des bases de séparation, il était dit expres-sément, article 2 : « La Belgique sera formée de tout le« reste des territoires qui avaient reçu la dénomination de« royaume des Pays-Bas, dans le traité de l’année 1831,« sauf le grand duché de Luxembourg , qui, possédé à un« titre différent par les princes de la maison de Nassau,« fait et continuera à faire partie de la Confédération ger-« manique. » Il est vrai que l’article 4 avait prévu le casoù, les deux pays possédant des enclaves dans leurs terri-toires respectifs, il y aurait lieu à des arrangements pro-pres à leur assurer une entière contiguïté de possessions ;mais dès que ces arrangements dont la portée, du reste,n’avait pas été prévue, aboutissaient à un remaniementabsolu des bases adoptées, que signifiait ce mot hypocritede développement opposé par la Conférence aux réclama-tions du roi Guillaume 1 ?
Quoi qu'il en soit, l'énergique résistance de ce princeeut pour premier résultat de plonger dans une longue hé-sitation la Russie, la Prusse et l’Autriche . Jusque-là cestrois Puissances avaient combiné leur action avec celle del'Angleterre, parce que, pour elles comme pour l’Angle-terre, la pensée cachée au fond de tous ces débats était
1 Nous avons rassemblé aux documents historiques, n° 5, les traités desbases de séparation, celui des 18 articles et celui des 24 articles. Nous ren-voyons le lecteur à ces documents précieux. 11 pourra lire dans le simplerapprochement des textes l'histoire des variations, des intrigues, des usur-pations de ce qu’on nomme la diplomatie.