HISTOIRE DE DIX ANS.
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une pensée hostile à la France . Mais, pour obéir à la com-mune haine, pour nous créer au Nord des obstacles suf-lisants, il avait fallu sacrifier en partie les intérêts du roide Hollande , les sacrifier au nom du principe révolution-naire. Et, sur ce point, la Russie, l’Autriche et la Prusse,commençaient nécessairement à se séparer de la Grande-Bretagne. Pour celle-ci. la question était bien simple : elleconsistait tout entière à contenir la France . Pour celles-là, au contraire, la question était complexe, elle consistaità contenir la France , sans toutefois donner trop complè-tement raison au principe révolutionnaire, en souffrantque, par suite des journées de septembre, on abaissâtoutre-mesure cette royauté hollandaise que les traités de1815 avaient enfantée, que le principe de la légitimitéprotégeait, et qui faisait partie de la famille inviolabledes monarchies européennes .
Les protestations du roi Guillaume avaient donc pourles Cabinets de Saint-Pétersbourg, de Vienne et de Berlin ,une signification, une importance qu’elles ne pouvaientavoir pour le Cabinet de Saint-James. De là le retard ap-porté à l’échange des ratifications de la part du roi dePrusse, des empereurs de Russie, et d’Autriche . Fidèles àl'esprit de la Sainte-Alliance, ces trois souverains auraientdésiré que, par un acquiescement volontaire au traité des2-i articles, le roi Guillaume leur permit de se mettre engarde contre la France , tout en leur épargnant la néces-sité de violer d’une manière ouverte et brutale les lois dela franc-maçonnerie monarchique.
Dans cet embarras, l'empereur de Russie prit le partid'envoyer à La Haye le comte Alexis Orloff, avec missiond’obtenir du roi de Hollande l'acquiescement souhaité.