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Tome troisième.
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HISTOIRE DE DIX ANS.

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parla, outre-passait ses pouvoirs, et jetait son pays dansl'alternative, ou de se résigner à des rectifications sous ré-serves qui semblaient tout remettre en question, ou deles restituer, au risque de rompre avec l'Autriche , laPrusse, la Russie , et de jouer imprudemment la nationa-lité de la Belgique .

Aussi l'indignation fut-elle grande à Bruxelles . L'ana-thème y fut lancé de toutes parts, et contre la diplomatie,qui condamnait depuis si long-temps la Belgique à unprovisoire mortel ; et contre le ministère belge , quiavait engagé l’avenir du pays dans ces voies tortueuses ;et contre le gouvernement français , qui n’avait encoresu que ramper tristement à la suite de la Conférence.L’irritation des Belges n’était que trop légitime. Placéspar les fluctuations de la diplomatie entre le déshonneuret la ruine, ils voyaient déjà leur industrie paralysée,leur commerce tari dans sa source, leur crédit perdu,leur nationalité flottant au gré de tous les caprices ou ausouffle de tous les hasards. Les Orangistes, d’ailleurs,mettaient à profit les désordres nés de tant d’incertitudes,pour tenter les esprits faibles, calomnier la révolution,et rejeter sur le principe de la révolte la responsabilité desmaux croissants de la patrie. L’enlèvement de M. Thorn,membre du sénat belge , par une bande audacieuse, etl’incarcération de ce personnage dans une prison deLuxembourg , fut un aliment de plus aux passions quifomentaient partout. Un même cri s’éleva de tous lespoints de la Belgique : Il faut en finir!

Mais la diplomatie ne présentait d’égal au scandale deses usurpations que celui de son impuissance, et elletenait l’anarchie suspendue sur cette Europe dont elle