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HISTOIRE DE DIX AXS.
Demander à la France de soutenir au prix de son or, auprix du sang de ses enfants, l'ensemble des mesures dé-crétées contre elle-même, c’était préparer à l'Europe leplus triste spectacle qui lui eût jamais été donné. Mais,pour nos ministres, l’essentiel était d'éblouir les esprits,de donner à un Pouvoir naissant l'éclat d'une grande en-treprise. Au fond, le véritable sens du traité des 2-i arti-cles n’était connu en France de presque personne. Leministère avait donc lieu d’espérer qu'une expédition enBelgique satisferait l'humeur belliqueuse delà nation fran-çaise ; qu'on ne verrait dans cette expédition qu’un appuiprêté au principe révolutionnaire, qu’une preuve de fer-meté et de décision de la part du Pouvoir. Et c’était là uncalcul d’une justesse incontestable. Car, comme la marchedes Cabinets était enveloppée de mystère et que les actesde la Conférence étaient pour la masse du peuple une lettremorte, l’opinion en France s’échauffait au hasard, et lesattaques de l’Opposition portaient à faux.
D’autre part, on doit reconnaître qu’il n’était pas sansintérêt pour la France de prouver que la paix n’avait pointénervé son courage; qu’elle était en état de faire revivre,dans un moment donné, des souvenirs héroïques -, qu’enun mot, elle n’avait pas cessé d’être un peuple de guer-riers. Ainsi, quoique honteuse et insensée au point de vuediplomatique, l'expédition projetée présentait, au point devue militaire, un assez notable avantage.
Cet avantage parut tel aux ministres du 11 octobre,qu’ils doutèrent un moment de l’adhésion des Anglais .M. de Talleyrand était revenu de Londres : on lui de-manda si une expédition contre la citadelle d’Anvers ob-tiendrait l’assentiment du Cabinet de Saint-James, dans le