Band 
Tome troisième.
Seite
406
JPEG-Download
 

•106

HISTOIRE DE DIX ANS.

Aussi, rien n’égalait l’impatience du maréchal Gérard.Mais en vain se plaignait-il amèrement, dans son quartier-général de Valenciennes , d’un retard qui ne pouvait seprolonger sans rendre notre armée la risée de l’Europe , etsans nous exposer aux plus cruels revers : en vain écri-vait-il au ministre de la guerre que le camp retentissaitde murmures ; que les officiers frémissaient de leur inac-tion -, que les soldats, qui avaient d’abord refusé les congés,commençaient maintenant à les redemander ; que le ser-vice enfin était compromis par cette conviction, de plus enplus profonde, qu’on nesebattrait pas...l’ordredu départse faisait attendre. Car ne fallait—il pas obtenir la permis-sion des Anglais ? Et pendant ce temps, le trésor était envoie de s’obérer, l'attente de la guerre entraînant des fraispresqu’aussi considérables que la guerre elle-même, rap-prochées de l’extrême frontière, les troupes y étaient en-tassées au milieu des cantonnements de l’artillerie et dela cavalerie, qui occupaient beaucoup déplacé; et la por-tion du corps de réserve que le maréchal Soult avaitfait entrer dans le département du Nord , y était déjà sou-mise aux inconvénients qui résultent de l'agglomérationdes masses, tels que le renchérissement des denrées. Lasaison, d’ailleurs, était devenue mauvaise, le choléra sé-vissait dans le pays, et la santé du soldat exigeait desmesures défaveur. Les corps réclamèrent à l’envi des al-locations du pied de rassemblement, ce qui dut leur êtreaccordé dans toutje l’étendue de la 16 e division militaire.

Une plus longue attente était donc à la fois dérisoire etruineuse. Aussi bon citoyen que bon capitaine, le maré-chal Gérard ne pouvait s’expliquer tant d'hésitation ; ilpensait que, puisqu’on déclarait la guerre à la Hollande,