SUR J.-B. HUZARD.
IX
élèves. Si ce congé eût été accordé, c’en était l'ait de l'établissement, ences temps d'anarchie et de destruction ; Huzard jeta la pétition au leuet sauva cette école comme il avait sauvé celle de Lyon .
Cetteinflexibleintégrité, inhérente au caractère deHuzard,se produitpartout dans ses relations publiques et privées.
Lors de l’invasion des alliés, en i8t4, consulte sur le parti à prendierelativement aux élèves de l’Ecole d’Alfort, il fut d’avis que ce seraitvioler la foi d’un dépôt sacré que d’armer, ainsi que l’on en manifestaitl’intention, ces jeunes gens, destinés par leur famille à une tout autrevocation ; mais, dans ce moment de désordre, sa voix fut méconnue, etil en a longtemps gémi. Les jeunes gens, livrés à leur seul instinct, etdont l’inspiration du moment faisait bouillonner le sang dans les veines,voulurent montrer leur face à l’ennemi ; mais au premier heurt, prèsdu pont de Charenton, l'insuffisance de leurs armes, et la perte de quel-ques-uns d’entre eux, les convainquirent de leur imprudence. Entrésdans Paris , pendant la nuit, ils frappent à la porte de leur inspecteur;Huzard les reçoit, surveille le pansement des blessés, en fait déposer àl’hospice de l’Ecole de médecine un plus gravement atteint, qui ymeurt. Sa maison fut transformée en dortoirs, et il prodigua à ces élèvesles soins les plus empressés, des vivres, de l’argent pour acheter des vê-tements, et payer leurs frais de voyage aussitôt que, la liberté des com-munications rétablie, il leur fut possible de retourner dans leur fa-mille. Ce dévouement fut connu ; l’inspecteur en fut félicité et remer-cié ; mais jamais la pensée de l’indemniser de si grands sacrifices , euégard à sa fortune, n’a été ni conçue, ni manifestée : disons aussi qu’ilne l’a jamais provoquée.
Lorsque gronda la révolution de juillet, Huzard était en Italie , oùun instant de loisir l’ayant fait céder aux pressantes invitations de sescollègues de l’Académie royale de Turin, il était allé témoigner par saprésence l’intérêt qu’il portait à ce corps distingué, et savourer dans savieillesse les délices de cette amitié qui croît avec l’âge, quand il y aréciprocité de convenance et de mérite dans les dispositions qui l’ontfait naître.
Agréablement préoccupé de l’accueil dont il avait été l’objet, etjoyeusement ému d’une surprise que lui avaient ménagée, ainsi qu’à safemme, deux personnes qu’il affectionnait particulièrement, et qui , lejour de son départ de Turin , l’avaient précédé de quelques heures pourle recevoir au mont Cenis, à l’hôtel où il devait coucher, son âmesem-