Buch 
Un mois en Suisse ou souvenirs d'un voyageur / recuillis par Hilaire Sazerac et ornés de croquis lithographiés d'après nature par Edouard Pincret
Entstehung
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INTRODUCTION

Il n’est pas un auteur qui n’ait à faire quelque confidence au Public : c’estpresque une obligation pour lui. Trop ami des usages reçus, surtout quandils peuvent m’offrir un avantage, je m’empare de mon privilège, et je vaisdire à mon lecteur bénévole, si toutefois j’ai le bonheur d’en trouver un,comment on lui offre encore aujourd’hui un ouvrage sur la Suisse , auqueld’ailleurs il donnera, selon son bon plaisir , le titre de mauvais ou de bon:ces deux adjectifs se présenteront nécessairement à lui-, il s’en servira commeil l’entendra sans que j’en prenne occasion de lui chercher querelle, ou de luioffrir mes très humbles remercimens. Après ce préambule de rigueur, il esttemps d’entrer en matière.

En ce temps-là , un peintre qui marche rapidement sur les traces desWatelet, des Bertin, des Michallon,un peintre qui promet à l’Ecole fran-çaise un grand paysagiste de plus, fit et lithographia avec un talent supé-rieur des Vues de Suisse , qui se trouvent dans le portefeuille de tous lesvrais amateurs. Ces vues étaient accompagnées d’un texte auquel on avaitdonné la forme de Lettres . Après avoir admiré les dessins de M. Villeneuve,on lisait avec plaisir les lettres qui les accompagnaient.

Or, il advint que ces dessins et ces lettres tombèrent entre les mains d’unsouscripteur qui aime et qui cultive les arts, et qui a le mérite (assez rareà présent) de trouver beaux les ouvrages d’autrui quand ils le sont en effet.Ceux de M. Villeneuve devinrent l’objet non-seulement de ses louanges, maisencore de ses études de tous les jours et de tous les instans. Plein d’une hono-rable émulation, il aspira à marcher sur les traces du jeune peintre : il partitpour la Suisse , il visita les lieux que M. Villeneuve avait visités-, il en vit d’autresque celui-ci n’avait point vus} il prit des croquis, des notes, et revint avecun portefeuille.

A son retour il crut que, sans avoir la prétention d’égaler son devancier,que, sans non plus le copier servilement, il pouvait publier un recueilassez neuf, qui peut-être ne serait pas sans intérêt et parviendrait à seplacer, sinon sur la même ligne, du moins à une distance honnête desLettres sur la Suisse . Il vint donc présenter son travail à l’un des auteursde ce dernier ouvrage, et le plan d’ Un Mois en Suisse fut aussitôt arrêté.