Buch 
Un mois en Suisse ou souvenirs d'un voyageur / recuillis par Hilaire Sazerac et ornés de croquis lithographiés d'après nature par Edouard Pincret
Entstehung
JPEG-Download
 

UN MOIS EN SUISSE .

Depuis long-temps tous les Ouvrages il était question de la Suisse mo£fraient un attrait singulier : je les lisais, je les relisais sans cesse avec uneavidité nouvelle, avec un nouveau plaisir. Tout ce que lon avait écrit dece pays, tout ce quon en avait peint ou dessiné était devenu lobjet de mescontinuelles méditations. Un antiquaire ne recherche pas avec plus dempresse-ment la médaille dont le vieux type est presque effacé, un jeune amant n aspirepas avec plus dardeur à obtenir de sa dame quelques-unes de ces faveurslégères qui ne sont rien pour un cœur indifférent, qui sont inappréciables pourlamour, que je ne mettais dempressement et dardeur à recueillir tout cequi pouvait fixer plus particulièrement mes idées sur lHelvétie. Elle étaitdevenue le but secret de tous mes vœux et de toutes mes études. Mesregards se tournaient sans cesse vers elle -, je la demandais à lhorizon tropborné dont jétais entouré ; mais, retenu par des liens que la nécessité mefaisait respecter, je formais de vains désirs et des plans inutiles !... Cependantle moment était venu mes obligations moins pesantes, mes devoirs moinsrigoureux, me laissaient la faculté daccomplir le projet que javais si sou-vent rêvé. Jeus bientôt fait tous mes préparatifs de voyage. Jamais un ado-lescent néprouva autant de plaisir en allant à un premier rendez-vousdhonneur ou de galanterie, que je nen ressentis moi-même en arrêtant maplace pour Besançon aux diligences de la rue Notre-Dame des Victoires.

Mais pressé darriver, plus que moi peut-être, le lecteur pourra bien mefaire observer que tout ce que je viens de lui dire ne lintéresse guère : soit....À cette judicieuse observation, je naurai rien à répondre, sinon que telleest mon allure; et pour quil nait point à se plaindre davoir été surpris, je

lui confesserai tout dabord que je cède librement au plaisir de causer.

quun peu musard de ma nature, jajoute quelquefois au récit de mes pro-menades et de mes stations la peinture des émotions, dont le souvenir toutrécent est pour moi rempli de charmes.

Après cet aveu naïf, fait pour lacquit de ma conscience, je le laisse lemaître de sarrêter, si sa manière nest pas la mienne : autrement, sil veutme suivre, quil continue. je monte en diligence.

Pvesserré entre deux bons Francomtois, qui, sil y avait en ce monde