Depuis long-temps tous les Ouvrages où il était question de la Suisse m’o£fraient un attrait singulier : je les lisais, je les relisais sans cesse avec uneavidité nouvelle, avec un nouveau plaisir. Tout ce que l’on avait écrit dece pays, tout ce qu’on en avait peint ou dessiné était devenu l’objet de mescontinuelles méditations. Un antiquaire ne recherche pas avec plus d’empresse-ment la médaille dont le vieux type est presque effacé, un jeune amant n aspirepas avec plus d’ardeur à obtenir de sa dame quelques-unes de ces faveurslégères qui ne sont rien pour un cœur indifférent, qui sont inappréciables pourl’amour, que je ne mettais d’empressement et d’ardeur à recueillir tout cequi pouvait fixer plus particulièrement mes idées sur l’Helvétie. Elle étaitdevenue le but secret de tous mes vœux et de toutes mes études. Mesregards se tournaient sans cesse vers elle -, je la demandais à l’horizon tropborné dont j’étais entouré ; mais, retenu par des liens que la nécessité mefaisait respecter, je formais de vains désirs et des plans inutiles !... Cependantle moment était venu où mes obligations moins pesantes, mes devoirs moinsrigoureux, me laissaient la faculté d’accomplir le projet que j’avais si sou-vent rêvé. J’eus bientôt fait tous mes préparatifs de voyage. Jamais un ado-lescent n’éprouva autant de plaisir en allant à un premier rendez-vousd’honneur ou de galanterie, que je n’en ressentis moi-même en arrêtant maplace pour Besançon aux diligences de la rue Notre-Dame des Victoires.
Mais pressé d’arriver, plus que moi peut-être, le lecteur pourra bien mefaire observer que tout ce que je viens de lui dire ne l’intéresse guère : soit....À cette judicieuse observation, je n’aurai rien à répondre, sinon que telleest mon allure; et pour qu’il n’ait point à se plaindre d’avoir été surpris, je
lui confesserai tout d’abord que je cède librement au plaisir de causer.
qu’un peu musard de ma nature, j’ajoute quelquefois au récit de mes pro-menades et de mes stations la peinture des émotions, dont le souvenir toutrécent est pour moi rempli de charmes.
Après cet aveu naïf, fait pour l’acquit de ma conscience, je le laisse lemaître de s’arrêter, si sa manière n’est pas la mienne : autrement, s’il veutme suivre, qu’il continue. je monte en diligence.
Pvesserré entre deux bons Francomtois, qui, s’il y avait en ce monde