DE T A C T I Q, U E. Part. /. 7s
De quelque maniéré que la colonne ait été formée, elle pourra, sui-vant les circonstances, te mettre en bataille par l’un ou par l’autre mou-vement. 11 faudra seulement que, dans la préparation préliminaire du pre-mier, il y ait entre les pelotons ou divisions du bataillon les distances né-cessaires pour se remettre en bataille par des quarts de conversion ; 6c que,dans celle du second, les divisions soient au contraire serrées, 6c ne con-servent qu’un pas de distance entr’elles, afin que la colonne ainsi rassem-blée 6c occupant peu de profondeur, toit plus facile 6c plus prompte àdéployer. Ceci va s’éclaireir par les détails suivans.
§- I.
Pesos mat ion de h colonne en bataille.
(y e mouvement est si clair , si connu, 6c tant expliqué dans toutesles ordonnances dévolutions, que je n’ai pas besoin de m’étcndre sur cequi le concerne. II aura lieu à la suite de la marche de flanc , ou mêmeà la suite d’une marche de front, si des circonstances imprévues obli-geoient le bataillon à faire face aux flancs de fa marche ; dans ce derniercas on rendroit aux pelotons ou divisions les distances égales à leur front,afin de les mettre en état d’exécuter leurs mouvemens.
Il est indifférent pour l’exécution de ce mouvement, que la colonnese trouve formée par sections, par pelotons ou par divisions, les partiesfractionnées du bataillon n’ayant qu’à faire des quarts de conversion pourse former fur la ligne de front, à peu près comme des barrières ouver-tes n’ont qu’à tourner fur leur pivot pour fermer des espaces egaux àleur longueur.
§. I I.
Déploiement de la colonne.
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y oici de toutes les évolutions la plus savante , la plus susceptible decombinaison 6c pourtant la plus simple , soit à concevoir , soit a exécu-ter ; nous la devons au roi de Prusse, elle s’est répandue de ses arméesdans toutes les troupes de l’Europe j toutes la pratiquent aujourd’hui ;mais les siennes savent seules en tirer le grand Sí véritable parti. Pourquoicela? C’est que le roi les mene lui-même , 6c qu’il fait les manier. Met-tez un levier 6c des contrepoids entre les mains de méchaniciens médio-cres , ils combineront péniblement un petit effet de statique ; les mêmesmoyens maniés par Archimede op croient des prodiges.
On a vu, dans le chapitre précédent, comment le bataillon s’est ployéen colonne. Le même méchanisme va le déployer $ mais posons aupara-vant quelques principes préliminaires , fans la connoissance desquels on nepeut avoir l’intelligence des déploiemens.
*• Tout bataillon qui, étant en colonne, devra se mettre en bataille
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