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Tome premier.
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DE T A C T I Q^U E. Partie L iz 9

seroient moins forcées de se diviser en réserves, en corps détachés} carce font tous ces objets qui imposent la nécessité de ce morcelement, decette guerre par pieces, qui, étant plus compliquée, Se remplissant latête du-général de plus de détails, est bien moins décisive que le systèmede guerre des anciens. Les armées sc tenant plus ensemble, plus rappro-chées l’une de l’autre, faisant la guerre en masse au lieu de la taire par dé-tachement, il faudroit moins de précautions, moins de postes, pour êtreéclairé ou couvert, donc moins d’occasions d’employer les troupes légè-res. Aujourd’hui ces occasions sont multipliées à l’innni j par-tout il fautdes troupes légères ; les avant-gardes en sont composées, il en faut auxréserves, aux détachemens ; il en saut fur les communications , dans lespostes intermédiaires : cependant ces troupes légeres ainsi répandues Scformant le cinquième des armées, ne remplissent point d’objet décisif.L’ennemi s’avance-t-il en force ? II faut les soutenir , ou elles se replient.Sc donne-t-il des combats entre les armées ? Elles n’y prennent pointpart} le préjugé même semble les en avoir dispensées.

Mais le moyen, me dira-t-on, de réformer la constitution actuelle desarmées, quand cette constitution est générale en Europe ? Le moyenpar conséquent de changer le système de guerre qui existe ? J’avoue quece premier changement est impossible dans les circonstances où sontactuellement toutes les nations. II faudroit, pour l’exécuter, uh peuple vi-goureux , supérieur aux autres par ion gouvernement, par son courage,un peuple qui n’eût pas nos vices Sc nos fausses lumières. Mais avec nosconstitutions, avec nos armées, telles qu’elles sont, le changement dusystème de guerre ne feroit pas de-même impossible. Qui empêchera unjour un général, homme de génie, commandant cinquante mille hommescontre une armée de même force , de s'écarter de la routine établie, dene pas avoir fur ces cinquante mille hommes dix mille hommes de trou-pes légeres, ou de les constituer de maniéré qu’elles fassent au besoin leservice de ligne, Sc qu’elles tiennent rang dans les dispositions de combat ?Je reviendrai tout a l’heurc fur les détails de ces changemens. Qui l’em-pêchera dans presque toutes les occasions de ne pas morceler son armée,de faire moins de détachemens, moins de réserves, moins de mouvemensde détail, qu’on n’en fait aujourd’hui, de manœuvrer .davantage de famasse entiere ? Que fera l’ennemi étonné de ce nouveau genre de guerre ?Se morcclera-t-il , se léparera-t-il, aura-t-il là un pion, ici un autre,cherchera-t-il à donner de la jalousie, à menacer, a dérober une mar-che ? L’autre restera serré, uni, toujours, s’il sc peut, à portée ou à vuede lui, toujours en mesure d’attaquer le gros de son armée, ou les partiesqu’il en aura détachées, toujours en force Sc à l’abri de la surprise ;parce qu’il sera rassemblé Sc disposé au combat, tandis que son adversairedevra toujours trembler, toujours sc consumer en fatigués, parce qu’ilscia décousu Sc en prise sur plusieurs points.

Je développerai ces idées dans la fuite avec plus de détail ; j’osc croirequ’elles ne sont pas chimériques, Sc ce qui peut donner confiance en

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