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Tome premier.
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I 3 0 ESSAI GENERAL

elles, c’est qu’à quelques égards la conduite 6c les opinions du roi dePrusse les confirment. Aucun général n’a jamais fçu comme lui manœu-vrer des armées aussi nombreuses, ôc faire avec elles des mouvemens auísigrands 6c aussi décisifs ; aucun ne morcelé moins fcs armées 6c n’eíl moinspartisan des réserves 6c des corps détachés. 1J. l’a dit dans ses écrits, il l’aprouvé dans ses campagnes. En quelques occasions il s’est écarté de cettemaxime, Sc c’est ce qui lui a attiré le désastre de Maxcn 6c celui du gé-néral Fouquet. Enfin le roi de Prusse a peu de troupes légeres propre-ment dites > il avoit dans la guerre derniere quelques bataillons francs,composés de déserteurs, lans cesse pris, fans cesse remis fur pied, Sc furlesquels il ne faisoit aucun fond. II emploie toujours à ses avant-gardes,à ses détachemens importans, à ses têtes d’attaque, des bataillons >de gre-nadiers ou des régimens de ligne. II a beaucoup de dragons, mais ces dra-gons font toute espece de service. II a quatre-vingt escadrons de fou-lards , mais ces foulards font le? meilleures troupes de son armée ; ilscombattent en ligne ; ils sont presque tous composés de nationaux ; cefont eux qui forment les postes avancés en temps de guerre, parcequ’en cela bien différent de nous qui recrutons nos troupes légeres àcheval, d’étrangers & d’hommes en quelque forte pris au hasard, il penseque les soldats que l’on doit choisir avec le plus de foin, ce font fanscontredit ceux qui par état font toujours les plus près de l’ennemi, 6cde la vigilance Lc fidélité desquels dépendent iouvent la sûreté 6c le se-cret des opérations.

CHAPITRE III.

Les Troupes de ligne peuvent faire avec avantage le service , ou au moins untpartie du service confié particulièrement aux Troupes légeres.

^’il est possible de créer un système de guerre qui rende le grand nom-bre de troupes légeres beaucoup moins nécessaire, il Test encore plus deremplir par des troupes de ligne, les objets aujourd’hui particulièrementconnés a ces premieres. Car quelle différence y a-t-il entre l’infanteried’un bataillon 6c celle d’un corps de troupes légeres ? Ne sont-ce pas deshommes de la même elpece, vêtus de-même, armés de-même, assujettisà la même discipline ? Cette infanterie des troupes légeres a-t-clle seule-ment reçu une éducation relative à ses fonctions ? Sait-elle nager, courir,supporter la faim, résister plus long-temps aux fatigues ? Ses officiersont-ils une instruction qui soit le moins du monde analogue à ce qu’ilsdoivent remplir ? J’cn dirai autant de la cavalerie attachée aux corps detroupes légeres, par comparaison à la cavalerie de ligne. Enfin non seu-lement les troupes de ligne peuvent remplir une partie des fonctions asti-