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gnéesaux troupes légeres, mais il fera avantageux de les leur faire rem-plir, non par piquets, non par détachemens, comme cela fe faifoit au-trefois en France, comme nous le pratiquions dans les premieres campa-gnes de la guerre derniere, ce qui étoit la source de nos échecs journa-liers, Sc de l’afccndant que l’ennemi avoir pris fur nous, ce qui faifoitéchouer presque toutes nos expéditions •, mais comme le fit M. le maré-chal de Broglie en 1760. Ce général forma des bataillons de grenadiers,il fit servir des régimcns hors de ligne, il régénéra nos dragons, troupesupérieure par sa composition, troupe vraiment d’élite qui n’attendoitqu’un homme qui fût la manier ; il les employa tour à tour, ou à laguerre de détail, ou à la guerre de masse ; il les accoutuma à sortir designe pour le service journalier, & à y rentrer un jour de combat. Lesëvénemens justifieront la bonté de fa méthode ; un nouvel esprit naquitdans l’armée ; on eut des succès ; on s’acquitta dans une campagne dehuit mille prisonniers qu'on devoir à l’ennemi. Après un exemple pareilon pourroit s’épargner de nouvelles discussions} mais poursuivons. Tantde gens ont les yeux fermés à la lumière !
En employant ainsi des troupes de ligne aux avant-gardes Sc aux objetsimportans, Sc par préférence l’élite de ces troupes, on fait essuyer plusd’échecs à Pennemi, on en essuie moins, chose bien importante} car c’eltde la supériorité journalière que naissent la vigueur Sc la confiance quianiment une armée. Les corps, qu'on porte en avant, sont plus solides,moins sujets à être pliés, plus propres à attendre des renforts ou de nou-velles dispositions. Le fond de l’armée s’habitue à voir l’ennemi, s’aguer-rit, s’instruit. Si au contraire , comme le veulent bien des gens, on mul-tiplie prodigieusement les troupes légeres, si on les emploie journelle-ment a la guerre de détail, l’armée ne fait plus de service extérieur;elle s’abâtardit dans ses camps} elle ne voit l’ennemi que les jours debataille. Ces jours arrivent, Sc alors, chose inconcevable, chose biendigne de cette contradiction perpétuelle qu’on trouve entre la raison Scnos principes, ces troupes légeres qu’on a aguerries , qu’on a menéesfur l’ennemi toute la campagne, se retirent pour laisser décider le sort del’action, celui de l’état, aux troupes de ligne, bien neuves Sc bien éton-nées de tout le spectacle qui s’offre à elles, parce qu’on les a tenues con-stamment éloignées des occasions de voir Sc d’agir.
CHAPITRE IV.
De la Constitution des Troupes légeres.
I e viens de faire voir par quelle manie d’imitation désordonnée Sc peu•^réfléchie, le nombre des troupes légeres s’est si prodigieusement ac-cru, Sc paroît vouloir s’accroître encore } j’ai démontré qu’il faudroit le
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