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Manuel du naturaliste : ouvrage utile aux voyageurs, & / [Henri Gabriel, Duchesne ; Pierre Joseph Macquer]
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BLE

vineuse enivre. On pourroit entirer un esprit ardent. Le Bledde Turquie , avant sa parfaite ma-turité, confit dans du vinaigre,sonne des cornichons tres-agréa-bles dans la salade.

BLENDE. Ce minéral est com-posé de zinc, de soufre & d’arse-nic. II ressemble à la mine dcplomb cubique, fait assez ordi-nairement effervescence avec lesacides. Les couleurs grise, rougeà noire de la Blende présententdifférentes nuances. Celle qu’ontrouve cristallisée 8e transparentecomme la mine d'argent rouge,est rare. Ce minéral a, comme lacalamine, la vertu de convertirle cuivre rouge en laiton.

BLEU d'émail. Voyez Azur.

Bleu d‘Inde. Voyez Indigo.

Bleu de montagne. Ce minéralprovient de la décomposition ducuivre dans le lein dc la terre ;il est léger, tendre, cassant 8cporeux ; on ne peut le polir. Sacouleur se perd au feu; la poudrede ce minéral est d’usagc en pein-ture. On vend un Bleu de mon-tagne factice ; c’cst un soufre fon-du mêlé de verd-de-gris pulvérisé.Le Bleu de Prusse est une com-position , 8c non une productionde la nature.

Bleu d‘Outremer. Voyez Lapislazuli.

BLEUET. Voyez Airelle.

BLUET, Barbeau , Aubisoin.On fait, avec les fleurs de cetteplante, par la distillation, l'eaude Casse-lunette , qui éclaircit lavue & guérit l'inflammation desyeux. On tire de ses pétales uneencre bleue.

BOBAQUE. Petit animal dubord du Niéper. II se pratique,comme le Lapin , un terrier oùil fait sa provision d’herbes sechespour l’hiver. Ils se réunissent pouraller paître dans la plaine. Aumoindre bruit, celui qui fait sen-

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tiuelle siffle , 8e ils fc sauvent cha-cun dans leurs trous. Cet animalapprivoise , a les minauderiesamusantes du Singe.

BŒUF. C’est le Taureau châ-tré. Cet animal domestique & pai-sible semble méconnoître la for-ce , pour se plier à la volonté derhomme. On en volt des trou-peaux nombreux dociles à la voixd’unc femme ou d'un enfant, sui-vre , sans s’écarter, le chemin dupâturage, paître, ruminer, s’é-gayer fous les yeux de leur con-ducteur, se désaltérer au bordd’un ruisseau limpide qui arrosela prairie, Sc rentrera L’etablesansrésistance. II partage avec rhommeles travaux pénibles de la campa-gne ; c’est lui qui défriche nosterres , trace d’un pas lent, mais.égal, de profonds sillons , préparenos moissons , transporte noagrains, & donne enfin toute faforce, où l’adresse 8e l’intelìigencqdu fermier ne peuvent suffire. Sa.marche est pesante ; mais il ré-siste à la fatigue, il souffre plusvolontiers le froid que l’ardeurdu.soleil. Sa force est dans fa tête 8cdans les muscles vigoureux de sesépaules. On ne l’emploie gucrcsà porter des fardeaux , mais il estexcellent pour le tirage. Dèsl’âgcde deux ou trois ans, on l’accou-tume insensiblement au joug parles caresses, la douceur & la pa-tience ; les mauvais traitementsle découragent. C’est le flatter,que de mêler du sel avec fa nour-riture , qui doit être plus copieu-se lorsqu’il travaille. A dix ans,on le tire dc la charrue pour l’en-graisser 8c le vendre. Son âge seconnoît par ses dents, d’abordlongues & blanches, qui devien-nent, par la fuite, inégales 8cnoires. A trois ans les cornes tom-bent. La quatrième aimée il enpousse de nouvelles qui, toussesans, augmentent d’un anneau cir-