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Manuel du naturaliste : ouvrage utile aux voyageurs, & / [Henri Gabriel, Duchesne ; Pierre Joseph Macquer]
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8o C AC

che dans la mer de Siam. Les Hol-landais 1e font sécher au soleil &en envoient beaucoup à Batavia.

CABUJA.. Cette plante, quicroît en Amérique , est de la plusgrande utilité pour les habitants.Ils en retirent une efpece dechanvre qui, filé, leur iert adivers usages.

CABU1ÍE. Cet oiseau de nuitdu Bréfil est catnacier , cependantsusceptible de s'apprivoiser. 11 estalors allez amusant, Sa tète tournesur son col comme sur un pivot.

CACAO , Cacaoyer. Cet arbreest naturel au nouveau continent,& se rencontre sous diverses con-trées de la zone torride de l'Amé-rique. Son fruit, en forme deConcombre, est toujours suspen-du le long de la tige & des meresbranches, comme dans plusieursarbres de l’Amérique. C'cst dansces fruits que font contenus lesamandes de Cacao que l'on em-ploie pour faire le Chocolat. Unesubstance blanche, mucilagineu-se, d’un goût agréable Sc acidesépare ces amandes. Un morceaumis dans la bouche étanche lasoif. 11 faut prendre garde de com-primer la peau de ce fruit avec lesdents. Elle est très-amere. De laqueue du fruit partent une mul-titude de petits vaisseaux qui vontporter la nourriture à chaqueamande. Les Cacaoyers font cou-verts pendant presque toute sau-née de fruits de différents âges quimûrissent successivement. Dans letemps de la grande récolte, on yenvoie tous les quinze jours lesNègres les plus adroits. Avec depetites gaules ils font tomber lescosses mures, fans toucher, ni àcelles qui font encore vertes, niaux fleurs, cette douce & frêleespérance. On met tous ces fruitsen tas pendant ; ou 4 jours. Onles remue de temps en temps. IIse fait une douce fermentation.

CAC

Les amandes refluent. Le Cacaoest d’autant meilleur, que la fer-mentation a été arrêtée à propos ;sinon il sent le verd, conservebeaucoup plus d’amertume &germe quelquefois. Le Cacao ca-ra^ue est le plus onctueux & leplus estimé, il ne paroît pas ce-pendant qu'il y ait plusieurs espe-ces de Cacaoyers; mais la cultu-re , la préparation peuvent don-ner aux Cacaos diverses qualités.Celui des Isles n’en différé qulfpar un peu plus d'amertume, que"l'on peut corriger avec le sucre.En Espagne & en France on pré-féré le Cacao caraque ; celui desIsles est plus estimé en Allemagne.Le Cacao caraque est un peu plusplat. Celui des Antilles est plusgros que celui de la Jamaïque &de l’iile de Cuba. Avant l’arrivéedes Espagnols , les Américainsfaisoient, avec le Cacao, de lasatine du Maïs &'■ du pimentbouillis dans Peau, une liqueurcolorée par le Rocou. Cette bois-son, qu'ils nommoient Chocolat ,étoit d’un goût si sauvage, qu’unsoldat Espagnol dit qu’il ne s’yseroit jamais habitué de fa vie , sile défaut de vin ne l’y eût pas for-cé , la préférant encore à de l’eaupure. Le Cacao, préparé par lesEspagnols & les François avec lesucre, la vanille , la cannelle , estdevenu une boisson très-agréable ,à laquelle on a conservé le nomde Chocolat. On ôte la qreatt desamandes, on les fait rôtir danstine bassine à un feu léger. Dudegré de torréfaction dépend enpartie la qualité du Chocolat.Moins il est rôti, plus il est nour-rissant Sc plus il épaissit les hu-meurs. Lorsqu’il est plus brûlé,son huile plus atténuée excite plusd’effervescencc dans le sang. Onfait, avec ces amandes rôties Sebroyées, une pâte; si l'on n’yajoute que du sucre , c’est leChocolat