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Manuel du naturaliste : ouvrage utile aux voyageurs, & / [Henri Gabriel, Duchesne ; Pierre Joseph Macquer]
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8 S C AM

6c le Malété , efpece de pain. V.Manihot.

C AME. Ce genre de coquillesest des plus curieux & fait un desornements des Coquilliers, parles nuances 6c la finesse des cou-leurs. Les Cames fe distinguentdu genre des Peignes , parce qu’ei-les n'ont pay d’oreilles ; des Col-lines, parce qu’elles font moinslongues ôc plus épaisses ; ôc desHiíîtres , parce que leurs deuxvalves font égales. On les diviseen rondes ; ce font les vraies Ca-mes i en ovales régulières ou pe-lourdes, en ovales irrégulieres oulavignons. Ces coquillages habi-tent ordinairement dans le fable.Lorsque le temps est calme , qu’iljie régné fur la mer qu’un douxzéphyr , on voir les Cames s’éle-ver à la surface de l’eau, ouvrirun des battants de leur coquille ,le tourner du côté du vent ; c’estleur voile. L’autre battant est lenavire. Une petite flotte nom-breuse vogue ainsi au gré des zé-phyrs. Au moindre danger, à rap-proche d’un vaisseau , d'un pois-son ou de Potage , toutes les Ca-mes referment leurs coquilles 6:fe précipitent au fond des eaux.On trouve des Cames en Améri-que, àS.Domingue, dans laitierMéditerranée, aux Indes. Les plusbelles font, VFxrixure Arabique ouChinoise , la Tricotée , la Came cou-leur de Citron bordée de rouge , celledes Indes couleur de Marron, leCeio nulli, la Corbeille d côtes cou-leur d'e Rose, la Zigzag, la Cameviolette , la Chagrinée, &c. La ri-vière des Gobclins 6c les ruisseauxaux environs de Paris nous four-nissent auss une petite efpece deCame, dont l'analogue vivant,mis dans un bocal plein d eau,nous montre un pied un peu allon-gé & deux svplions, dont les ca-vités fe réunissent à l’aide de cesTyphons, il attire quelques brins

CAM

de mousse 6c plantes aquatique*qui lui servent de nourriture. Onle volt souvent accoucher de pe-tits coquillages vivants.

CAMÉLÉON. Cet animal,dont on distingue plusieurs el'pe-ces, fe trouve au Mexique, enArabie , en Egypte , au Sénégal. [Sa gueule , tres-ample, est garnie ■de petites dents. Sa langue est sus-ceptible de s’allongcr presque dela longueur de fou corps. Elie estvisqueuse. Lorfqu’il apperyoir desFourmis , des Mouches ou autresinfectes autour d’une branche, illes enveloppe avec fa langue , laretire 6c les avale. II peut vivreî ou 6 mois fans prendre dc nour-riture. II fe contente d’ouvrir labouche, d’afpixer un air frais, 8cdans ces moments il fait des mou-vements pleins de gentillesse. Sespieds semblent plutôt faits pourfe percher fur les arbres que pourcourir. Aussi les habite-t-il de pré-férence. Les Negres du Cap deMonte ont une certaine vénéra-tion pour ces petits animaux. Lorí-qu’ils en voient quelques-uns quiveulent descendre , comme ils nele font qu en tremblant, 6c qu’ilsfont toujours prêts à tomber , ilsvont charitablement à son secours.

Les femelles pondent des oeufsqui ne font recouverts que d’unemembrane épaisse ôc joints ensem-ble par une efpece de fil. La par-ticularité singulière qu’ont cesanimaux de paroître sous diverses ;

couleurs, les a fait servir d’em- i

blême pour désigner la basse adu-lation des flatteurs. Selon quel-ques Naturalistes, chaque passionimprime à la peau de cet animal !

une teinte dc couleur diférente. j

Dans la joie, il est d’un verd d’é- j

merande mêlé d’oranger, entre- j

coupé de bandes grises 6c noires ; i

dans la crainte, d'un jaune pâle ; ]

dans la colere, d’une couleurobscure 6c livide. D'autres pré-