Buch 
Manuel du naturaliste : ouvrage utile aux voyageurs, & / [Henri Gabriel, Duchesne ; Pierre Joseph Macquer]
Entstehung
Seite
107
JPEG-Download
 

CHA

teur avec les dents, le jettentcontre terre , le tuent. Ceux quiji'ont pas été châtrés, se portentplutôt à cet excès de fureur queles autres. Les femelles donnentun lait très-salutaire, On attribueà l’ufage de ce laitl’exemption deplusieurs maladies de la peau com-munes chez les Arabes, tellesque la lepre , les dartres , la galle.Leur chair est auliì très-bonne.Ces quadrupèdes varient pour lagrandeur, pour la force , suivantse climat fous lequel ils sont nés.Les uns font grands , forts, por-tent des poids si considérables,qu’on lés a nommés Navires deterre. C’est dans des paniers sus-pendus à leurs boises, que l’ons’aslìed. Les autres plus maigres ,moins grands, font d’excellcntscoureurs. Ils font jusqu’à tç &30 lieues par jour. Une heure derepos, une pelotte de pâte leursuffit chaque jour. Ils sont singu-lièrement appropriés aux climatsarides & brûlants fous lequel ilsvivent; ils peuvent rester 9 ou 10jours fans boire, même en sup-portant les plus rudes fatigues.Cette propriété dépend de cequ’outre les 4 estomacs qui leurfont communs avec les animauxruminants , ils ont une je pochequi leur sert de réservoir pourl'eau, qu’ils boivent en grandequantitei I.orsqu'ils ont soif &qu’ils veulent broyer leurs ali-ments , ils font revenir dans leurbouche une certaine quantitéd’eau. Ces animaux sont si grands,qu’on ne pourroit pas les chargeraisément. On les dresse à s’accrou-pir. Lorsque le Chameau se sentchargé au-delà de ses forces, ilse rebute , cherche à se relever ,donne des coups de tête ; si on lesurcharge malgré lui, il jettealors des cris lamentables, pro-pres à attendrir un maître injuste.La passion de l’amour produit en

CHA 107

lui un effet singulier. Vers lami-Janvier, dans le temps du rutqui dure z ou ; mois, il baillefréquemment, écume continuel-lement. Le toupet de fa tête esttoujours mouille de sueur. 11 mu-git comme le Taureau. On voltsortir de sa bouche 1 grosses ves-sies rouges. II perd l’appétit, mai-grit , ses bosses deviennent chan-celantes. Son poil tombe. On leramasse avec grand soin. L’on enfait des étoffes. II entre dans lafabrique des chapeaux dp Caudc-bec. Le temps du rut passé, ra-nimai reprend les forces & sonembonpoint. Son poil renaît,L’appétit lui revient. 11 mangealors jusqu’à ;o livres de foin parjour. La durée de sa vie est à peuprès de 50 ans.

CHAMŒRODENDROS. V.

TEgolethron.

CHAMOIS, Ysard, ChevredesAlpes. Ces animaux sauvages seplaisent dans les lieux les plus es-carpés, au milieu des précipices.Onen voir fur les Alpes, les Pyrénées.Timides, alertes, méfiants, ilsvivent en troupe, redoutent lagrande ardeur du soleil, ne vontpaître l’herbe, chercher de$ ra-cines que le matin & le soir. Pen-dant que la troupe mange tran-quillement, il y en a toujours unqui fait le guet. Au moindre dan-ger il les avertit par un sifflement,& la troupe fuit de rochers enrochers. Ils vont par bonds, parsauts. Leurs jambes vigoureusesfont l’effet d’autant de ressortsqui rallentisscnt les secousses ter-ribles qu’ils éprouvent en se pré-cipitant. A les voir sauter ainsiau milieu des précipices, on di-roit qu’ils ont des ailes. La chasseen est très-dangereuse. Les Chiensont bien de la peine à les join-dre. Le chasseur est exposé à tout.moment au bord des précipices.L'animal surpris dans un détroit,