CIG
sentent sa semelle. En tiraillantces muscles , on sait chanter uneCigale nouvellement morte; unpetit papier roulé, frotté fur lamembrane, la fait raisonner. LaCigale chante dès le matin & pen-dant la grande ardeur du soleil.Son chant vif 8c animé est, pourles Paysans, le présage d’un belété, d’une abondante récolte 8cdu retour certain du printemps.Au dernier anneau 8c sous le ven-tre de la femelle, est une soierepliée comme un couteau. ElleTouvre à volonté. La méchani-que en est merveilleuse. Simpleau premier coup d’oeil, en l’ob-servant on volt qu’elle est compo-sée de z pieces. Celle du milieuest en set de lance. Chacune peutjouer séparément. C’est l’instru-‘ment dont la Cigale se sert pourfaire une incision dans des bran-ches d’arbres mortes, jusqu’à lamoelle. Elle y dépose 8 ou 10œufs, recommence une nouvelleincision fur la même branche unpeu plus haut ou un peu plus bas,y dépose de nouveaux œufs. Elleen pond ainsi jusqu’à 400. Cesœufs , que les foins maternels onttâché , par les travaux les plus pé-nibles , de mettre à l’abri de toutdanger, sont quelquefois mangéspar des vers carnaciers. Une Mou-che Ichneumon pourvue auslîd’un aiguillon, va déposer quel-quefois ses œufs au milieu deceux de la Cigale. Ont-íls échappéau danger, ils éclosent. II en sortdes vêts qui descendent à terre,vont pomper le suc des racines.Us n’ont : ni organe du chant,ni taricre. Leurs pattes de devantsont d’une forme qui leur donnela facilité de piocher, ils creusentla terre jusqu’à x ou z pieds deprofondeur, s‘y mettent à l’abrides froids de l’hiver, passent àl’état de nymphe. Ces nymphesmarchent, portent une trompe,
CIG» ijj
sucent le suc des racines. A u mo-ment de leur métamorphose ellesmontent fur les arbres , s’y chan-gent en Cigales, font raisonnerles airs de leurs chants d’allégresse.L’amour les anime 8c l’espece semultiplie. Les Anciens regar-doient les nymphes de Cigalescomme un mets excellent. Avantl’accouplement, on faisoit plusde cas des mâles. Au moment dela ponte on trouvoit les femellesplus délicates. Les Martinets , lesGuêpiers sont fort friands de Ci-gales. C’est un appas pour attra-per ces oiseaux. On passe un pe-tit hameçon dans le corps d’uneCigale. Elle vole attachée à un fil.L’oiseau fond dessus 8c se prendau piege. Les Cigales que l’ontrouve autour de Paris ont quel-ques légeres différences qui leuront fait donner le nom de Pro-Cigales. L’eípece la plus singu-lière est la Cigale bedeaude , dontla larve sc couvre au printempsd’une efpece d’écume qui trans-pire de son anus & de son corps.Cette larve se loge ordinairementdans l’angle des feuilles. Ceuxqui neconnoissent point l’instinctde ces insectes croient apperce-voir fur les plantes une salivemousseuse. Mais le Naturalistedétruit le logement humide , 8cdécouvre l’insccte, dont il observel’industrie 8c la promptitude à sefaire une nouvelle retraite. NosCigales ne souffrent pas beau-coup dans leur métamorphose.La nymphe marche, court, saute8c mange comme après lc déve-loppement de ses ailes. Leurbeauté, leur singularité nous fontregretter qu’elles ne soient pasplus grandes. Celles qu’on nom-me le grand diable , le petit diable,le demi-diable sont des plus re-marquables. Les pays étrangersnous en fournissent d’une figurebien pi us extraordinaire, tels que