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Manuel du naturaliste : ouvrage utile aux voyageurs, & / [Henri Gabriel, Duchesne ; Pierre Joseph Macquer]
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CIMOLÉE. ( Terre ) Les ha-bitants de l’Archipel se serventde cette terre savonneuse pourblanchir les étoffes 5c les linges.

CINABRE. A juger des opé-rations de la nature par celles del’art, c’est une combinaison desoufre & de mercure qui se faitdans l’intérieur de la terre. Lesfeux souterreins le subliment auxvoûtes des mines. 11 varie pourla couleur. On en trouve en Bo-hême , en Hongrie, en Esclavo-nie, au Pérou. Lamine la plusriche est à Almadcn en Espagne.Le Cinabre réduit en poudre estle vermillon. On l'emploie dansla peinture. Les Triomphateurss’en barbouilloient le visage 8c lecorps pour avoir un air plus ter-rible , 8c dans les grandes fêteson en frottoir la statue de Jupiter.On reconnoît facilement lors-qu’un morceau de ce minéral con-tient du soufre oo du mercure.On le fait rougir au feu. S’ildonne une petite lueur bleuâtre ,on le met sous une cloche deverre. II s'éleve des vapeurs con-densées. Elles paroissent en gout-tes de mercure 8c découle le longdes parois. Le Cinabre naturel,mis fut les charbons ardents , sereconnoît à sa flamme bleuâtre.Si elle est rouge, on peut jugerque le Cinabre a été falsifié par leminium. Le Cinabre des Chinois,appellé Tchucha , est beau , pur 8ctrcs-cher. II ne s’altéré pas sensi-blement à Pair.

CINIPS. Ce genre d’inscctesest un des plus intéressants par faforme 8c son instinct. Ce petitanimal, pourvu des organes né-cessaires à fa subsistance, ì ses be-soins , à ses plaisirs 8c à la mul-tiplication de son espece, em-ploie beaucoup d adresse 8c deprécaution pour mettre en sûretéla progéniture. Son ventre estarmé d'un aiguillon dont le jeu

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admirable s’cxécute par une es-pece de ressort caché dans l’inté-rieur du ventre. C’est avec cetinstrument que le Cinips percel’épiderme de la feuille, ou pé-nétré dans le corps des Chenillespour y déposer ses œufs. La na-ture , qui veille à la reproductiondes êtres, n'abandon ne pas cettepostérité future qui semble avoirété jettée au hasard. L’oeuf déposédans la nervure de la feuille occa-sionne une extravasion des sucsvégétaux. Delà naissent ces petitespommes 8c autres excroissances dedifférentes formes, dans lesquellesle ver éclos trouve la nourriture8c le logement. Roulé en bouledans son appartement étroit, obs-cur , mais propre, commode 8c àl’abri de l’intempérie de Pair 8cde tous les dangers , il n’a demouvement progressif qu’à la fa-veur de mamelons dont il estpourvu fur le dos, 8c qu’il faitsortir ou rentrer à sa volonté. Par-venu à son dernier accroissement,il se change en chrysalide , s'ou-vre une porte, déploie ses ailes8c prend son essor. Le Cinips duSaule, par un instinct particulier,quitte son logement avant que dese changer en chrysalide, se ca-che dans la terre 8c s’y file unecoque, dans laquelle il subit samétamorphose. Les Chenilles,les Pucerons sont choisis quel-quefois par le Cinips pour êtredépositaire de ses oeufs. Ce dépôtleur est fatal. Le ver , en sortantde l’œuf, vit comme l’Ichneu-mon , aux dépens de son hôte ;voyez Ichneumon. II arrive souventquelque chose de plus extraordi-naire encore. Le ver de l’Ichneu-mon qui dévore la Chenille , est,à son tour, dévoré par le ver duCinips. De ces sortes de Cinips,les uns se changent en insectesailés sous la peau de la Chenilleou du Puceron, 8c n’en sortentI 4