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Manuel du naturaliste : ouvrage utile aux voyageurs, & / [Henri Gabriel, Duchesne ; Pierre Joseph Macquer]
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séchée. La plupart des Coche-nilles qui se trouvent dans lesferres, ont été apportees avec lesplantes étrangères. Cette especede Gallinsecte est d’usage en tein-ture. Lorfqu’on laide tremper laCochenille dans de l'eau ou duvinaigre, les patries fe gonflent.On apperçoit les anneaux du corpsde l’inlecte , les attaches des jam-bes , quelquefois des jambes en-tieres. Au Mexique on éleve soi-gneusement la Cochenille. Elles'attache naturellement aux feuil-les de diverses efpeces de plantes.Les Indiens les ramassent, enmettent n ouu dans de petitsnids faits de mousse ou de bourrede Coco , les suspendent auxépines de la plante connue sousles divers noms de Raquette , Car-dajse , figuier , à’Inde, Opuntia,Nopal. 11s élèvent une grandequantité de cette plante autourde leurs habitations. Les Gallin-sectes donnent naissance à des mil-liers de petits. Ils 1e dispersent,se nourrissent du sue de la plante,y reproduisent une nouvelle gé-nération. On en fait trois récoltespendant l’année. La iere fe faiten enlevant les nids apportés &placés fur la plante. La secondeen détachant la Cochenille dedessus les feuilles avec des pin-ceaux, & la ze à rapproche des hiver, en coupant les feuillesqui sont encore chargées de cesinsectes. Ces plantes qui fe con-servent long-temps vertes, leurfournissent de la nourriture. Ar-rivés à leur grosseur, on les en-lève en raclant la feuille. CetteCochenille n'ess pas d'une aussibelle qualité , parce qu’il s’y mêleun peu de l’épiderme de la feuille.Les Espagnols la nomment Gra-nilla. Aussì-tôt qu’on a ramasséces insectes, on les fait périr. Lamaniéré dontons'y prend, influebeaucoup sor fa coulcuf. Elle

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porte alors divers noms. Cellequ’on fais périra la chaleur doucedes fours, elì d'un gris cendré oujaspe. On la nomme Jaj'peada. Si011 la fait périr en la plongeantavec des corbeilles dans de l’eauchaude / elle s’appelle Renegrida.Celle-là n’ess pas recouverte d’unepoudre blanche. Enfin elle portele nom de Negra , si on la fait pé-rir fur les plaques chaudes qui ontservi à faire cuire le Mais. Par ceprocédé elle prend quelquefoistrop de chaleur Sc devient noirâ-tre. Trois livres de Cochenillesfraîches ne pèsent plus qu’unelivre étant desséchées. La Coche-nille ainsi élevée fur des plantescultivées , donne une plus bellecouleur & en plus grande quan-tité que la Cochenille Silvestre.La Cochenille desséchée peut con-server sa partie colorante pendantdes siécles. Aucun autre insectene s’y attache, & jamais elle nefe cortompt. On l’emploie enteinture ; elle donne une couleurrouge d’un excellent teint. On envarie les nuances. On en fait Té-carlate, le cramoisi. Les Angloisla mêlent avec la gomme laque ,pour teindre leurs draps. Cetteteinture est plus prompte, aussibonne & à meilleur marché. LaCochenille fournit aux Peintresles couleurs les plus vives Sc lesnuances les plus belles. Cettesubstance , broyée Sc préparée,donne le carmin qui, diíposé avecart sut les joues des Dames, de-vient rival de la nature. On vendà Constantinople du crépon oulinon rrès-fin teint avec de la Co-chenille. On l imite à Strasbourg.Ce linon trempé dans de l’eau,peut s’employer , ainsi que la lai-ne nacarat du Portugal. au mêmeusage que la Cochenille. On s’ensert pour colorer les liqueurs. Onestime qu’il entre en Europe tousles ans dans le commerce, L8»