Buch 
Manuel du naturaliste : ouvrage utile aux voyageurs, & / [Henri Gabriel, Duchesne ; Pierre Joseph Macquer]
Entstehung
Seite
156
JPEG-Download
 

r;5 COR

Cornes d’Ammon, telles que nousles voyons, ne font que les noyauxde la coquille. On en voir quifont brillantes comme de for.Eiles font recouvertes extérieu-rement de particules pyriteufes.La superstition a toujours régnéchez l’efpece humaine. Les an-ciens avoient consacrécettc coquil-le à Jupiter Ammon. Us croyoicntqu'elle avoir la vertu d’cxpîiqucrles songes mystérieux. On dit queles Bramines conservent dans desboîtes précieuses le Salagramen ,efpecc de Corne d’Ammon quife trouve dans la riviere de Can-dies ; ils lui font tous les jouesdes sacrifices.

Corne de Rhinocéros. Cette cor«ne très-dure Sc recourbée vers ledos, est plus longue & plus grossedans la femelle que dans le mâle.Elle étoit d’un grand prix chezles Romains. On travailloit Scon scitlptoit pour les bains desriches & des grands, des Cornesde Rhinocéros en forme de vaseà bec, qu’on remplissoit d’huileSc d’essence, Sc que des femmespréientoient à ceux qui prenoientles bains. Dans flnde & à laChine, on en fait des manchesde couteau, des colliers. Les or-nements & les différentes figuresd’hommes, d’oifcaux, de chè-vres, dont les cornes étoient em-bellies, Sc qu'on avoir la sottisede regarder comme naturelles, lesfnifoient rechercher pour la dé-coration. Les Princes Chinois lesportoieiir en baudriers, ou cnparotent leurs trônes. Ces bijouxcoutoient d’autant plus chers quela superstition cn rehaussoit leprix. Les Orientaux croient debonne foi que la Corne sue àRapproche du venin & des poi-sons , dc manicre que le possesseurdune Corne, ou d’un morceaude Corne de Rhinocéros, est as-suré dc n’ctre jamais empoisonné.

COR

Ces fables n’ont pas de crédit enEurope, & l’on 11c regarde au-jourd’hui les Cornes de Rhino-céros que d’un œil de curiosité.

CORNEILLES. Ces oiseauxsont plus petits que le Corbeau,fe nourrissent de vers , d’insectes ,de charogne , de petit gibier, dcsemences, enlèvent le grain nou-vellement ensemencé. Ce sont destroupes de brigands qui multi-plient prodigieusement. On lesdétruit de diverses maniérés. Oajette fur terre des feves de ma-rais, dans lesquelles on a passéune aiguille lorsqu’elles étoientvertes. L’oiseauquten est friand,les avale. L’aiguille reste dans sesintestins. L'animal languit & pé-rit bien - tôt après. On mêle dela poudre de noix vomique avecdes morceaux de basse boucherie.On en répand dans les terres. Tou-tes les Corneilles qui en man-gent, périssent. On fait dans letemps des neiges, une chasse àla Corneille, très-plaisante. Onmet un morceau de viande dansle fond d’un cornet, & de la gluà l’entrée. On distribue ces cor-nets dans la neige. Ces oiseauxapperçoivent la viande, plongentla tête dans le cornet. A l’ins-tant ils sont capuchonnés,, se met-tent à voler, ne voient plus, s’é-lcvent en ligne droite à perte dcvue, Sc tombent à terre excédésde fatigue. II en arrive aatantauCorbeau qui donne dans le piege.

CORNETS, ou Volutes. Cettefamille de coquilles sc distinguede celle des Rouleaux, pat leurtête applatie , peu élevee,' & patson corps en pyramide , plus oumoins conique. L'Ext?Amiral , leGrand-Anura !, le Vice-Amiral , C A-mirai d 1 Orange , la Couronne Im-périale , Us SpeClres , le Léopardjaune , VEfpladion , VAile de Pa-pillon , toutes ces coqut.les fontd’un grand prix pour un curieux.