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Manuel du naturaliste : ouvrage utile aux voyageurs, & / [Henri Gabriel, Duchesne ; Pierre Joseph Macquer]
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btes nommés Fromager & Mahot;voyez ces mots. Notre Apocin estune cspcce de Cotonnier. VoyezApocin.

COUCOU. Cet oiseau prendson nom de son cri. On en dis-tingue plusieurs especes. Elles dif-fèrent pour la grandeur & la cou-leur. Ôn ne commence à enten-dre chanter le Coucou qu’au com-mencement de Mai jusqu’à lafin de Juillet. Le reste de Van-née , on ne le volt plus, soitqu’il passe fous d’autres climats,loir qu’il sc cache ou qu’il reste.engourdi dans quelques arbrescreux. II est carnacier, sc nour-rit d’insectes , mange les petits oi-seaux , dévore leurs oeufs. Untrait singulier est presqu’unique.C’est que la femelle ne construitpas de nid, & qu’elle va pondreion oeuf dans celui d’un petitoiseau, tels que Linotte, Roite-let, Mésange, Alouette , Pinson ,Bergeronnette, Fauvette brune,Rouge-gorge & autres. L’inf-tinct puissant des animaux esttoujours fondé fur des raisons so-lides. Elles nous échappent quel-quefois. D’oìi vient cette indiffé-rence apparente du Coucou , tan-dis que tous les oiseaux montrentles soins les plus assidus pour leurprogéniture ? Inobservation ana-tomique démontre que la femelledu Coucou ne peut couver sesœufs. Dans tous les oiseaux, l’es-tomac est presque joint au dos,& totalement recouvert par lesintestins. Ces parties étant mol-les, peuvent se prêter aisémentà la compression qu’elles ont àsouffrir pendant l’incubation. Aucontraire, l’estomac du Coucouest placé sous le ventre. Dansl’incubation , cette partie posantimmédiatement sur les œufs ,fouffriroit une compression dou-loureuse , qui scroit contraire à

la digestion de ranimai. 11 suit

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de la construction de ces oiseaux,que les petits ont moins besoind’étre couvés, parce que leur esstomac est abrité du froid par lamasse des intestins. Ainsi l’in-cubation des petits oiseaux dansle nid desquels il dépose ses œufs,est suffisante. Le jeune Coucouen naissant, viole tous les droitsde rholpitalité, dévore la petitefamille qui vient d’éclore aveclui, & for. ingratitude cruelle &monstrueuse, le porte quelquefoisjusques à attaquer la mere quil’a couvé.

COUDRIER, ou Noisetier. Cetarbre croît naturellement dansnos forêts. Mais par la culture,on obtient de plus belles Noi-settes. On fait de leurs amandesune huile douce très-bonne. Onles confit avec du sucre. Le boisde Noisetier est propre à faired’excellents cerceaux. On prétendqu’il se conserve infiniment mieux& dure beaucoup plus long-temps,si on le coupe à la chute desfeuilles , que dans tout autretemps. C’est avec les branches deNoisetiers que l’on fait les ba-guettes divinatoires , à l’aide deí-quclles on prétend découvrir lestrésors cachés , les sources , &c.

COUGUAR. Cet animal fé-roce habite en Amérique. On lenomme à la Guyane, Tigre rou-ge. 11 est léger, agile , grimpe furles arbres, s’élance fur fa proie.Lorsqu’il est repu, il est timide,fuit au premier danger. Dans ré-tablissement de la Colonie deCayenne, il venoit, par mer,des troupes de ces brigands quidévastoient la campagne, égor-geoient les troupeaux. On en adétruit beaucoup. Des bûchersallumés pendant la nuit, leur ins-piraient la terreur & les faisoientfuir. On fait, avec la peau de cesanimaux, des housses pour lesChevaux.