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Manuel du naturaliste : ouvrage utile aux voyageurs, & / [Henri Gabriel, Duchesne ; Pierre Joseph Macquer]
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«lans les saumures de sel concen-trées par évaporation. La femelle,dit-on, porte fous le ventre unsac mol, membraneux , qui con-tient ses oeufs. Le mâle est Ionaccoucheur. II comprime ce sacavec ses jambes, & la facilite àse débarrasser de ses œufs.

Ver. à soie. Cet insecte, origi-naire de la Chine, travaille avecun art admirable, Sc fournit lamatière de nos brillantes étoffes.Très-bien naturalisé dans nos Pro-vinces méridionales, on parvientavec des foins à l’élever mêmedans les pays du Nord. On ob-serve sur cette Chenille, ainsi quesur routes les autres, les stigma-tes en forme de^boutonniere,organes de la respiration , placésfur les côtés. Les petits grainsnoirs placés fur fa tête, font lesyeux. Si l’on porte un œil curieuxdans l’intérieur du Ver à foie,on reconnoît que la nature donnela vie de mille maniérés diverses.Le cœur est un vaisseau couchétout le long du corps, depuis latète jusqu’à l’anus. Les flots desang ou de la liqueur qui en tientlieu, circulent de la queue à latête. On n’a pas encore décou-vert de veines qui la rapportentau cœur. Le sang paroît n’étreagité que par un mouvement pé-ristaltique. Les réservoirs qui con-tiennent la matière de la foie,font deux vaisseaux jaunâtres. 11sse replient avec des sinuosités furle dos, & viennent aboutir à latête ou est le mamelon qui sertde filière. En mettant la Chenillependant deux ou trois jours dansl’esprit-de-vin, on distingue aisé-ment ces vaisseaux. Ils acquièrentde la consistance. Par quelle mer-veille le suc des feuilles de Mû-tier, l’extraitdes aliments secon-yertit-il en matière soyeuse S Ál’instant où le Ver file , la li-queur est fluide. Aufli-tôt qu’elle

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prend l’air, elle se dessèche; desce moment elle ne peut plus êtreramollie par l’eau & par la cha-leur. C’est un fil soyeux. Cettematière de la soie réunit toutesles qualités des vernis. Dissoutedans i’eau chaude, étendue furle papier, elle y forme un b «SUvernis jaunâtre. Cette observa-tion pourroit donner l’idéc defiler des vernis. Une multitudede grosses Chenilles qui abondenten matière soyeuse Sc n'en fontpresque pas d'u sage , se conten-tant de se suspendre pendant leurmétamorphose à un fil de loie,pourroient peut-être fournir, oudes vernis, ou des fils propres ùfabriquer des étoffes , ou servir àd’autres usages. Dans les payschauds, fous les ciels heureuxqui ne font point sujets à l’in-conftance de température, àTun-quin on élevé les Vers a foie furles Mûriers. C’est un charme devoir ces coques jaunes se détachersur un fond de verdure. Ce sonrautant de petites pommes d’or.Dans la plupart des pays où onveut les élever, on les met dansdes chambres à une bonne expo-sition. On dresse des claies furdes colonnes. Les jeunes vers s’ynourrissent des feuilles qu’on leurdonne plusieurs fois par jour, sui-vant leur force 8c leur appétit.Chaque millier de Vers consom-me cinquante livres pelant defeuilles, depuis fa naissance jus-qu’à son dernier état d’accroisse-ment. La grande propreté est ab-solument nécessaire pour leursanté. Lorsqu’on leur donne denouvelles feuilles, on peut lesmettre fur des filets. Les Verspassent à travers les mailles, vien-nent les chercher. On soulevé lefilet 8c on ôte ies vieilles feuilles.Avant d’arriver au moment deleur métamorphose, les Vers àfoie changent quatre fois de peau.