île la Vérité de sHìfìoire. 45le manuscrit au Comte d’Estrade, en ras-surant que c’étoit l’ouvrage de son grand-pere.
Or Frédéric-Henri dit positivement dansces Mémoires, qu’il ne tint pas à lui quel’on ne fit le siégé d’Anvers, & qu’il ieproposa aux Maréchaux de Gaflìon & deRantzau, qui commandoient les TroupesFrançoises ; mais qu’ils ne voulurent pas yconsentir, dans la crainte que, pendant quel’Armée seroit occupée à ce siégé, les Es-pagnols ne leur enlevassent les conquêtesqu’ils avoient faites fur la Lys. Ce ne fu-rent donc point les Etats-Généraux quis’oppoferent à cette entreprise ; car qui pou-voir mieux nous répondre de leurs vérita-bles sentiments, que Fréderic-Henri, Prin-ce d’Orange? Dira-t-on qu’il n’a pas voulules accuser dans fes Mémoires, pour nepas trahir le secret de la République? maisne l’auroit-il pas gardé, en rendant sim-plement compte de ce qui s’étoit passé ausiégé de PI u I si, fans rien dire de celui d’An-vers, qui ne fut point entrepris.
Ses Mémoires ont d’ailleurs un grandair de sincérité; il se contente le plus sou-vent d’exposer les faits ; & ce seroit le seulendroit où|il auroit déguisé la vérité, au ris-que d’être désavoué par les deux Maréchauxde France qui commandoient avec lui.