44 Traité des Preuvespour les rafinements de la politique, fontíòuvent tombés dans ce défaut. Le Public,de son côté, aílèz porté de Iui-même à de-viner les motifs qui font agir les Princes &les Minières, en imagine quelquefois quiparaissent si plausibles, qu’un Hilíorien abesoin d’étre extrêmement fur ses gardespour ne s’y pas méprendre : la vraisem-blance qu’il y trouve, le frappe & le sai-sit ; & il la prend pour la vérité, quoiqu’ellen’en soit que sombre.
On lit, par exemple, dans la plupartdes Historiens, que Frédéric-Henri, Princed’Orange, pendant la campagne de 1645,qu’il fit conjointement avec les François,borna ses conquêtes à la prise de Hulst, sansvouloir entreprendre le siégé d’Anvers ;parce que, selon le Traité d’alliance, Hulstdevoir rester h la Hollande ; & que les con-quêtes que l’on ferait en Flandres, dé-voient appartenir à la France, dont lesEtats-Généraux des Provinces-Unies crai-gnoient le voisinage & l’agrandiíîement.
Cette crainte, qui paraît en effet fortvraisemblable, fut, dit-on, la véritablecause de son inaction. Mais ce Prince enapporte une raison toute différente dansses Mémoires, qui font certainement delui, puiíque Guillaume III, qui fut Roid’ Angleterre, son petit-fils, en avoitprêté