de la Vérité de l'Hisoire. 89
d’application, qu’un Historien vient à boutd’éviter toute espece d’erreur. II faut qu’ilait une grande justesiè dans l’esprit, pourapprécier la valeur des différents témoi-gnages ; & cette justeslê d’efprit n’est pasune qualité austì commune qu’on le pense.
La contrariété de ces témoignages faitnaître des difficultés, qu’il ne peut vaincreque par des combinaisons multipliées, &quelquefois très-fines & très-délicates.
Ce n’est pas toujours une petite affaireque de savoir distinguer le vrai du faux ; lesimple soupçon, de la certitude ; les pré-textes que l’on publie, des véritables mo-tifs que l’on déguise : elle exige quelque-fois une application, une sagacité, & unesuite de raisonnements dont tout le monden’est pas capable; & c est faire un étrangeabus de langage, que d’appeller des' quali-tés si rares, le sublime des sots.
On peut donc rire & s’amuser, si l’onveut, de l’expreffion plaisante de M. l’Abbéde Pons : mais si on la prenoit sérieuse-ment , jusques à vouloir en faire un prin-cipe & une maxime, il s’ensuivroit que lavérité feroit pour les sots, Sc l’erreur pourles gens d’efprit. II faut avouer que les pre-miers gagneroient beaucoup à ce partage,St que les autres y perdraient trop.