88 Traité des Preuves
différentes que les vérités qu’il survit milesà la place; car qu' importe , dit-il, qae cesoit l'aile droite ou l'aile gauche qui aplié à la bataille de Mont-Lheri ? Ou adéja répondu à cette objection, que si cespetites circonstances ne font pas fort im-portantes en elles-mêmes, il importe tou-jours, pour la vérité de FHistoire & pourla réputation de lTlistorien, qu’elles nesoient pas connues pour fausses : en vainvoudroit-on lui accorder là-dessus des dis-penses, que les Lecteurs éclairés lui refu-sent absolument : en vain entreprendroit-on d’appuyer ces faufíès dispenses fur l’au-torité de l’Abbé de Pons, qui difoit plai-samment que Y exactitude est le sublimedes sots.
Ce n’est pas fans doute un grand mériteh un Historien d’êtreexact; maisc’cst tou-jours un grand défaut de ne Hêtre pas. Onne louera pas un Poëte parce qu’il observela mesure des vers ; mais on le blâmera in-failliblement s’il s’avise d’y manquer. 11 estmême beaucoup plus difficile à un Histo-rien d’être toujours exact, qu’à un Poëted’observer les réglés de la versification. Lascience de l’Histoire, prise dans toute sonétendue, est presqu’infinie : celle de la sim-ple versification est extrêmement bornée.
Ce n’esl qu’à force de soin, d’écude &