ïo8 Traité des Preuves
On prouve le premier, i°. par le té-moignage du Cardinal de Retz, qui dit eneffet dans ses Mémoires, en parlant duCardinal de Richelieu, que Marion deLorme , qui étoit an peu moins qu'uneprostituée, fut un des objets de son amour ,qui vernit chez lui la nuit; & qu’il eneut un autre dans une Madame de ra-ges, chez laquelle il alloit la nuit; quec’étoit le Maréchal de Brezé & le Maré-chal de la Meilleraye qui l’y menoient enhabit de couleur.
2 °. On le prouve encore, par les Thè-ses d’amour que l’on dit avoir vues, & queRichelieu faifoit soutenir chez sa niece ,dans la forme des Thèses de Théologie quel’on soutient sur les bancs de Sorbonne.
Mais en premier lieu, le témoignagedu Cardinal de Retz est extrêmement sus-pect. On verra dans la fuite, qu’il s’en fautbeaucoup que les anecdotes qu’on lit dansses Mémoires, soient exactement vraies.11 aimoit , dit le Duc de la Rochefou-caut, à raconter des choses extraordi-naires ; & l'on remarquoit dans ses ré-cits , que son imagination le fervoitmieux que j'a mémoire.
Le Cardinal de Retz, qui n’étoit en-core qu’un jeune Abbé, dans le temps dontil s agit, n’étoit certainement pas admis,