122 Traité des Preuves
11 ne suffit pas cependant, pour assurerun fait, de savoir qu’il est rapporté par unAuteur contemporain; il faut examiner en-core , i si cet Auteur étoit à portée d êtreexactement informé de la vérité du fait,
& de ses principales circonstances ; 2° sil’on n’a aucune raison de fe défier de fa jsincérité & de son exactitude. Car enfin jles Auteurs contemporains ne font pas des !témoins qui méritent tous la même créan- !ce; il faut donc, avant que de les croire, pe-ser exactement la valeur de leur témoigna-ge. Quoiqu’ils nous rapportent des faits ar-rivés de leur temps, il ne s’enfuit pas delà, qu’íls aient été tous à portée d’en être jexactement instruits ; le récit des témoins 'oculaires est fans doute préférable à celui iqui n’a pu être fondé que fur des oui dire. jLa renommée fe plaît dans tous les temps, jà grossir les objets, & à publier des men- jsonges; mais un témoin oculaire ne parle !pas d’après elle, il raconte ce qu’il a vu jou entendu : & si l’on n’a d’ailleurs aucuneraison de fe défier de fa sincérité, on peutregarder son récit comme un tislù de véri-tés historiques, qui ont toute la certitudeque l’on peut désirer dans ce qui n’est fondéque fur des témoignages humains.
Les Historiens de la seconde clafie fontsouvent tombés dans Terreur, pour avoir