144 Traité des Preuves
ment pas que M. de Turenne eûc fait des
Mémoires.
Au relie, il ne faut pas croire qu’un Mi-nistre , ou un Général d’Armée, ait tou-jours été témoin oculaire de tous les faitsqu’il rapporte dans ses Mémoires; mais laplace qu’íl occupe, le met tellement à por-tée d’en être instruit, que l'on doit s’entenir à son témoignage, quand on n’a bail-leurs aucune raison de fe défier de fa sin-cérité.
A l'égard des autres Contemporains,qui n’avoient pas les mêmes avantages, ondoit distinguer dans leurs Mémoires les en-droits où ils parlent, comme témoins ocu-laires de ceux où ils n’ont écrit que fur lerapport d’autrui. C’est ce que son doitfur-tout observer à l’égard des Mémoiresde Brantôme, qui raconte avec une naï-veté admirable, les événements les plus re-marquables qui s’étoienc paíîës de sontemps à la Cour des Rois Henri II, Fran-çois II & Charles IX. II ne parle souventque d’après les bruits publics, il rapportece qui fe disoic parmi les Courtisans, fanstrop examiner la vérité ou la fauíìèté deleurs discours; il a même soin d’en avertirquelquefois ses Lecteurs par ces mots : J'aìoui dire , ou, comme l'ondit; Lt.il auroicdù le faire plus souvent. On a déja vu
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