,66 Traité des Preuvesgurés par les faux rapports que l’on fàifoità César, ou parce qu’il ne se souvenoicplus en détail de ce qu’il avoir sait lui-mê-me. II est en este t si ordinaire aux hom-mes d’oublier, après un long espace detemps , une infinité de circonstances dontils ont été témoins oculaires, que l’on doitavoir bien plus de confiance dans les dépê-ches que les Ministres & les Générauxd’Armée écrivent pendant le cours d’unenégociation ou d’une campagne, que lors-qu’ils racontent des faits si éloignés que cequi a été présent à leurs yeux ne lest plusà leur mémoire.
Ainsi les dix premieres lignes des Mé-moires de la Porte , pourraient servird’exorde à plusieurs autres Livres du mê-me genre, écrits par des Seigneurs & pardes Courtisans d’un rang beaucoup plusélevé que le sien.
„ II y a long-temps, dit-il, que j’ai eu„ dessein de faire une relation de toutes„ les aventures qui me font arrivées à la„ Cour; mais dans le temps que j’en avois„ la mémoire fraîche, cent choies m’en„ ont détourné , & présentement que j’ai„ ce loisir, ma mémoire ne me présente„ plus que des idées détachées & dénuées„ de plusieurs circonstances, dont il me„ seroit difficile de faire un Ouvrage suivi.