de ta Vérité âe VHistoire. 173qui avoit demeuré long-temps avec le Car-dinal au Château de Nantes, où il étoitle confident de tous ses secrets. Or ceJoli étoit alors à la porte du Fauxbourgde Nantes, d’où il considérait la marchede son Maître ; il assure “ que dans ce„ moment le trouble du Cardinal fut íì„ grand, qu’il ne savoit où il étoit, ni ce„ qu’il sa i soi t ; ce qui fit que son cheval,„ qui étoit trop vigoureux pour lui, &„ dont il ne tenoit pas même la bride,„ s’étant cabré, s’abattit fur le pavé dès„ que l’on commença de marcher; & que„ le Cardinal s’étant trouvé engagé des-,, fous, se démit l’épaule.
Voilà comme l’on volt deux récits con-tradictoires de deux témoins oculaires :efi>ce celui du Cardinal, ou celui de Joli quimérite le plus de créance? Dans une pa-reille opposition, il faut examiner le ca-ractère des témoins, & le plus ou le moinsd’intérêt qu’ils ont eu à déguiser la vérité.
Le Cardinal vouloir passer pour uneame forte & intrépide, il se donne par-tout pour tel dans ses Mémoires. II n’a-voit garde d’avouer qu’il ne savoit alorsni oh il étoit , ni ce qiiil faisoit , & qu’ilne tenoit pas même la bride de son che~val : un tel aveu lui aurait donné un airde foibleílè & de pusillanimité, qui ne con-
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