176 Traité des Preuvesdoit être préféré h celui du Marquis deMontglat, qui étoit à cent lieues de là, &qui n’en a parlé que fur des oui-dire. Ondoit corriger cet Auteur contemporain,par le récit de ces témoins oculaires, com-me on doit réformer celui du Cardinalpar le témoignage de Joli, qui n’avoit pasle même intérêt que lui à déguiser la vé-rité, parce qu’il ne cherche pas commelui, à faire valoir fa prétendue bravoure &fa présence d’efprit dans une occasion oùl’un & l’autre lui manquèrent absolument.
Ce n’est pas que les Mémoires du Mar-quis de Montglat ne soient écries-, pour l’or-dinaire, avec beaucoup d’exactitude & desincérité. Le manuscrit de cet Ouvrage,qui eíl fans contredit un des meilleurs quenous ayons fur l’Histoire de ce temps-là,quant à la vérité des faits, avoit été confiéau célébré Pere de fa Rue, par le Comtede Chiverni, petit-silsdu Marquis de Mont-glat. Ce Pere regardoit ce manuscrit com-me un dépôt précieux ; il l’avoit fait lireà M. le Duc de Bourgogne, pere du Roi,qui le tenoit toujours fous la clef, fans lelaisièr voir à personne, parce qu’il con te-noit des faits qui pouvoient intéresser quel-ques Familles de la Cour; le Duc de Bour-gogne le lui rendit après Bavoir lu. LePere de la Rue le prêta long-temps après,