178 Traité des PreuvesM. de Turenne n’eût soutenu l’aftàire parsa grande capacité, il n’y eût pas. eu unefeule Ville qui n’eût fermé lès portes à laCour.
Le Marquis de Montglatditque l'elfroifut grand dans Gien, où l’on voyoit, desfenêtres du Château , toute la campagnecouverte de gens qui fuyoient & qui ve-ntaient se retirer dans la Ville , disant quetout étoit perdu, & que l’Armée étoit en-tièrement défaite. II ajoute que le Cardi-nal Mazarin fut lui-même fort étonné;•mais que la Reine ne témoigna point depeur , qu'elle se coëffoit lorsqu'elle appritces nouvelles , & qu'elle demeura atta-chée à son miroir , n oubliant pas à tor-tiller une feule boucle de ses cheveux ;& que delà elle fut dîner , où elle man-gea d'auffi bon appétit & auffi tran-quillement que fi elle n'eût couru aucunpéril.
-Voilà comme l’on voit deux Auteurscontemporains, tous deux d’un très-grandpoids, qui se contredisent formellement furun même fait. L’un nous représente laReine Anne d’Autriche, ferme & tran-quille dans le plus grand péril où elle íèfût jamais trouvée. L’autrenous la montreabattue , affligées.pleurante , fur le té-moignage de M. de Lenne terre, qui, quand