216 Traité des PreuvesLecteur de pafièr continuellement d’un ob-jet à un autre, comme on fait dans les An-nales & dans les Journaux historiques. IIdifféré quelquefois d’expofer en détail cer-taines affaires, jusqu’au temps où elles ontété terminées; & avant que d’en rapporterla conclusion, il remonte juíqu’à leur ori-gine; ce qui l’oblige à réunir des faits an-térieurs de plusieurs années à la conclusionde cette affaire. C’est ainsi que le Pere Da-niel, qui, malgré tous ses défauts, a excellédans cette partie qu’Horace appelle luci-dus or do, qui consiste dans Tordre & l’ar-rangement le plus propre à soutenir l’at-tention duLecteur; c’est ainsi, dis-je,qu’ilen a usé dans le récit de l’affaire des Tem-pliers & dans celui des Troubles qui com-mencent fous le régné de François II, àToccasion du Calvinisme.
La différence des Annales & de l’Hisstoire s’apperçoit sensiblement dans les deuxOuvrages de Tacite , dont Tun est intituléAnnales, & Tautre porte le titre à'His-toire.
Ce n’est pas qu’un Historien soit dis-pensé de suivre un certain ordre chrono-logique, lors même qu’il évite de marquertoutes les dates, pour ne pas interrompretrop souvent le fil de fa narration : cet or-dre n’est pas moins nécessaire à l’Histoíre,
que