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Remarquez que ce Comte de Chava-I gnac se donne pour un témoin oculaire detout ce qui s’étoit passé dans le combat,II faudroit bien s’en rapporter à son témoi-gnage , s’il n’étoit contredit par aucun au-tre monument; mais quand on a plusieursrelations du même fait, il faut les com-j parer. Voyons d’abord la Lettre que leí grand Condé écrivit à M. de Louvois, le! 13 d’Août 1674, trois jours après le com-
j bat de Senef : “ J’ai ici, dit-il, plus de troisJ „ mille prisonniers, que je fais partir de-„ main pour aller à Rocroy ; nous avons„ amené deux pieces de canon & deux: „ mortiers, & Gourville vous portera plus
„ de cent drapeaux ou étendards : ils ont„ perdu cinquante pontons, qu’on a fiiit„ brûler; plus de treize cents chariots,„ calèches , ou carrosses, & deux cents„ mille écus en argent.
On fait que le grand Condé étoit l’horn-me du monde le moins capable d’exagérerses succès aux dépens de la vérité. Mais' afin qu’on ne dise point qu'étant ici témoindans fa propre cause, on peut toujours sedéfier de son témoignage, consultons en-core la Lettre que M. de Louvois écrivitau Comte d’Estrades, le 19 Août 1674,huit jours après le combat de Senef. Voicifes paroles :