LZ8 Traité des Preuvesl’on doit suivre pour juger de la vérité oude la faustèté de ces relations contradictoi-res. La troisième elì de tenir pour certai-nes toutes les circonstances d’une grandeaction, qui font reconnues pour vraies dansles Relations publiées par les deux Partiscontraires, après qu’on les a comparéesavec tout le foin & toute lattention possi-bles. Quand le témoignage de deux enne-mis , qui ont un égal intérêt à déguiser lavérité, est parfaitement uniforme, il de-vient une preuve invincible & décisive. Laquatrième est de consulter, s’il est possi-ble, les relations faites, pour ainsi dire,fur le champ de Bataille, que les Générauxou les principaux Officiers envoient à leursSouverains ou à leurs Ministres.
C’est en suivant ces réglés, que l’onréfute invinciblement les erreurs où tantd’Historiens font tombés en parlant du com-bat de Senef. A les entendre, aucune desdeux Armées m remporta la viEtoire;toutes deux furent également affaiblies& vaincues : on chanta le Te Deum desdeux côtés pour une victoire que l'onn'avoit pas remportée.
Le Comte de Chavagtiac dit, que l’onchanta le7e Deum des deux côtés, maisqu'il n'y avoit pas trop de quoi chanterde pan & dautre.