s 6 a Traité des Preuves
simple & le plus naturel. On imagina, pouren découvrir la cause, des anecdotes quin’ont pas même l’apparence de la vérité:on multiplia les soupçons, fans être enétat de multiplier les preuves. Les unschoisisiènt encore aujourd’hui, entre cesanecdotes, celle qui leur paraît la plusvraisemblable ; les autres les discutent sansen admettre aucune, quoiqu’elles ne mé-ritent ni d’être admises, ni d’être discutées.Ne diroit-on pas qu’un Roi, qui s’expofecontinuellement à tout le feu de l’ennemi,dans une Bataille sanglante & opiniâtre,ne pouvoit y périr que par un aílàflinat pré-médité ? Ce même Roi avoir déja été blessédans plusieurs rencontres; & loin d’êtreétonné de ce qu’il périt h Lutzen, on de-vrait plutôt l’être de ce qu’il vivoit encore,après avoir affronté tant de périls. II n’yavoir pas long-temps qu’un boulet de ca-non lui avoit emporté la croupe de soncheval. On vit ce Prince tomber, & l’oncrut qu’il étoit mort; il étoit seulementcouvert de sang & de poussera. Dira-t-onque ce coup lui fut porté par le ministèred’un assassin, qui ne tira pas aussi juste qu’onle désirait? De pareilles absurdités ne mé-ritent pas d’être réfutées, elles se réfutentd’elles- mêmes.
On a reproché à Mézerai d’avoir adop-