244 Traité des Preuves
mes, que de ne montrer en eux que des
perfections.
Le portrait de Caton, que Velléius nousreprésente comme un homme qui n'avoirque des vertus, Homo virtuti Jimillimus ,seroit encore plus conforme à la vérité, s’ily eût ajouté quelques mots pour marquerque, par son opiniâtreté inflexible à main-tenir la sévérité des règles, fans aucun égardaux circonstances, il gâtoit quelquefois lesaffaires de la République ; c'est un repro-che que Cicéron lui fait dans ses Lettres àAtticus. II est vrai que cette extrême ri-gueur ét’oitauiïì louable dans son principe»qu'elle devenoit pernicieuse dans fes effets,puifqu'il ne péchoit que par un amour ex-cessif de Tordre & de la justice ; mais onlait que toute vertu poussée à l’excès, de-vient un défaut qui nous rapproche du vi-ce. Si nous avions les deux Livres queJules César avoit faits contre Caton, nousserions encore plus en état de juger dece qui manque au portrait que Velléiusnous a donné de ce fameux Romain. Onne peut pas dire cependant que ce soit unportrait flatté; mais il est imparfait, en cequ’il ne peint pas l’homme tel qu’il étoit,& qu’il ne lui donne que des perfections,fans faire aucune mention de fes défauts.
Quant aux portraits de Tibere & de Sé-