de la Fèrité de r Histoire. 345jan, que le même Velléius a mis à la finde son Ouvrage, la flatterie la plus outrées’y montre à découvert.
Les portraits de Brantôme font ordinai-rement un peu flattés; il ne tarit point furles louanges de ses Héros, il les représentepresque tous comme des hommes fans dé-faut, quoique plusieurs d’entr’euxen aienteu beaucoup; mais il les dissimule, pour neparler que de leurs belles qualités. Si l’onveut s’en former une idée julle, il faut lachercher ailleurs que dans fes Ouvrages ;& il vaut mieux en juger par leurs actions ,que de s’en rapporter uniquement à son té-moignage.
Tacite, au contraire, nous donne pres-que par-tout des portraits satiriques; loinde dissimuler les défauts, il fe plaît à lesexagérer. II est vrai qu’il écrit l’Histoired’un siecle corrompu, où les vertusétoientrares ; mais on voit qu’il ne cherchoit pasà les connoître, & qu’il ne voyoit volon-tiers que le mai, fur lequel il insiste toujourspar préférence : & comme il avoir l’íma-ginadon forte, & le pinceau vigoureux, ilest à craindre qu’il ne nous représente leshommes de son temps plus méchants en-core , & plus scélérats qu’il s n’étoient.
Vous trouverez très-peu d’Hisloriensquiaient su garder dans leurs portraits, ce juste
P v