352 Traité des Preuvesment les Dames, quand on leur fait leportrait d’une personne vivante ; mais quin’intéreíse presque plus les Dames même,quand on leur décrit ainsi une figure qui adisparu depuis deux ou trois siécles. Ma-dame de Maintenon , en parlant de cettemême Duchesse de Longueville, s’est con-tenté de dire qu’elle étoit très-beUe , lansparler de la couleur & de la vivacité de (esyeux, de la beauté de fa peau, de fa blondechevelure, &c. : c’est en dire plus que lapostérité n’en veut savoir, & c’est unique-ment pour elle que l’on écrit l’Hìstoire.
II ne faut souvent qu’un trait avancé lé-gèrement & sans preuve, pour altérer lavérité d’un portrait. On ne devoir pas dire,,par exemple, dans celui de Monsieur leEssai fur Prince, que son esprit s'affaiblissant avec^^isé.son corps , il ne resta rien du grandraie. Condè les deux dernieres années de favie. I! n’y a qu’à lire la Lettre qu’il écrivitau Roi, peu de temps avant fa mort, pourse convaincre que la faiblesse & la cadu-cité de son corps n’avoient point affaiblison esprit.
Ibîd. Un Historien, qui voudra faire le por-trait du Cardinal Mnznrin & du Cardinalde Retz, ne doit pas dire non plus, qu’enlisant les Lettres de l’un , & les Mémoi-res de 1 autre on voit aisément que Retz