GERMINAL.
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moment où l’ordre de Jeanlin était de l’attendre; et,tandis que ce dernier, à Réquillart, cuvait l’ivresse deson meurtre, les deux enfants s’étaient pris aux bras l’unde l’autre, pour avoir chaud. Le vent sifflait entre lesperches de châtaignier et de chêne, ils se pelotonnaient,comme dans une hutte de bûcheron abandonnée. Lydien’osait dire à voix haute ses souffrances de petite femmebattue, pas plus que Bébert ne trouvait le courage de seplaindre des claques dont le capitaine lui enflait les joues ;mais, à la fin, celui-ci abusait trop, risquant leurs os dansdes maraudes folles, refusant ensuite tout partage; etleur cœur se soulevait de révolte, ils avaient fini pars’embrasser, malgré sa défense, quittes à recevoir unegifle de l’invisible, ainsi qu’il les en menaçait. La gifle nevenant pas, ils continuaient de se baiser doucement, sansavoir l’idée d’autre chose, mettant dans cette caresseleur longue passion combattue, tout ce qu’il y avait eneux de martyrisé et d’attendri. La nuit entière, ils s’é-taient ainsi réchauffés, si heureux au fond de ce trouperdu, qu’ils ne se rappelaient pas l’avoir été davantage,même à la Sainte-Barbe, quand on mangeait des beignetset qu’on buvait du vin.
Une brusque sonnerie de clairon fit tressaillir Catherine.Elle se haussa, elle vit le poste du Yoreux qui prenaitles armes. Étienne arrivait au pas de course, Bébert etLydie avaient sauté d’un bond hors de leur cachette.Et, là-bas, sous le jour grandissant, une bande d’hommeset de femmes descendaient du coron, avec de grandsgestes de colère.
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