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Oeuvres complètes de J. Racine / revues avec soin sur toutes les éditions de ce poète, avec des notes extraites des meilleurs commentateurs par P. R. Auguis
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DE TRADUCTIONS.

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tion là; cl s'approchant dVlle: N’avez-vous pointde peur que Dieu , qui esl partout, ne voie der-rière vous quelque chose qui ne soit pas fort hon-nête? Il consacra un homme à Escnlape, seule-ment pour avoir soin d’aller Lattre ceux qui vien-droicnt baiser la terre dans le temple de ce dieu.Il disoit que toutes les malédictions tragiqueséloirnl tombées sur lui-, qu’il étoit sans ville , sansmaison, sans pays, gueux , vagabond, et vivant àla journée ; niais qu’il opposoit à la fortune laconstance , aux lois la nature , aux passions laraison. Une fois Alexandre Je vint voir, qu’il sereposoit au soleil dans la place de Craniou ; et s’ar-rêtant devant lui : Diogène , lui dit-il, demande-moi ce que tu voudras. Ce que je veux , repritDiogcne , c’est que vous vous ôtiez un peu de monsoleil. Quelqu’un ayant lu une fois devant lui unouvrage d'assez longue haleine, comme il lut à lalin du livre , voyant qu’il n’v avoit plus de feuilletsécrits, il se mit à crier, comme font les matelotssur mer : Terre! terre! prenons courage. Unhomme lui vouloit prouver une fois , par un argu-ment sophistique, qu’il avoit des cornes: maisDiogène , pour toute réponse , passant sa main surson front : Je ne les sens point , dit-il. 11 fit environla même chose à un autre qui soulenoit qu’il n’yavoit point de mouvement ; car il se leva tout d’uncoup et se mil à sc promener. Un astrologue dis-couroit un jour devant lui des choses célestes : De-puis quand , mon ami, lui dit-il, êtes-vous revenudu ciel? IJn certain eunuque, perdu de déhanche,avoit fait mettre cette inscription sur la porte deson logis : Que rien de méchant n'entre ici dedans.Où est-ce , reprit Diogène, que logera le maître dela maison ? Ayant nue Cois des huiles de senteur ,au lieu de s’en parfumer la tête, comme font lesoutres , il s’en oignit les pieds ; et la raison qu'il enrendit, c’est que l’odeur des parfums de la têtes’exhale en l’air, au lieu que celle des pieds montedroit au nez. Le» Athéniens lui conseilloienl de sefaire initier aux mystères de quelques dieux , etlui disuieut , pour l'y porter davantage, que ceuxqui l’étoient 11 dans celte vie «voient les places ho-norables dans tes enfers. Vraiment, répliqua-t-il,ce seroil une assez plaisante chose que tandis qu’A-gésilas et Kpaminoudas seroierit dans la fange, unetroupe de marauds initiés eût le haut bout dans lesîles des bienheureux. Voyant des rats qui veuoientmanger les miettes de sa table : dominent, dît-il,Diogène a des parasites ! Un jour Platon l’appelantchien: \ousavez raison, lui répUqua-t-il, car j’aiété retrouver ceux qui m’ont vendu. Une fois,eommeil sortoit des bains, quelqu’un lui demandas’il y avoit bien des hommes au bain : U n'y en apas un ^-repartit-il : mais ensuite un autre l’ayantprié de lui dire s’il y avoit Lieu du monde au bain:Tout en est plein, ajouta t-il. Un jour Platon ayantdéfini l'homme , Un animal sans plumes et qui n’dque deux pieds , cctie définition plut extrêmementù tous ceux qui étoient présents; mais Diogène, sansdire mot, prit un coq qu’il se donna la peine deplumer tout entier, et l’ayant porté chez Platon :Tenez, leur dit-il , voilà l homme de Platon ; desorte que ce philosophe fut obligé d’ajouter à sadéfinition , Et qui a les ongles larges. On lui de-

mandoit à quelle heure il falloit dîner : Si l’on eslriche, reprit-il, quand on vcufl gltfÿ n est pauvre,quand on peut. Ayant remarqu?T3iégare que le»moulons y étoient gras et couvert» de bonne laine ,au lieu que les enfants y étoient presque tout nus:J’aimerois mieux, dit-il, être mouton, que (ilsd’un Mégarien. Un homme, dans les mes, Payantheurté d’un ais qu’il poMoil, se mit ensuite àcrier: Gare! garel Est-ce, lui dit-il, que tu asenvie de me heurter encore une fois ? U appeloitles orateurs les valets de la populace, et les cou-ronnesqu’on leur donnoit, des ampoules de gloire.Il alloit quelquefois en plein jour, une lanterneallumée à la main ; et comme ou lui demanda parquelle raison il faisoit cela : Je cherche , répondit-il , un homme. Un jour qu’il se reposoit en pleinerue , tout dégouttant de l’eau de la pluie qui étoittombée sur lui, cela amassa autour de lui plusieurspersonnes que ce spectacle avoit touchées de pitié ;mais Platon s’étant rencontré là par hasard : lié !de grâce, leur dit-il,-si vous avez pitié de cethomme , laissez-le là ; voulant témoigner par cesparoles la vanité de ce philosophe , comme ne fai-sant cela que par ostentation. U y eut utie fois, unhomme qui lui donna un soufflet : Vraiment, re-pril-il , j’ai bien oublié de mettre un casque. Uncertain Midias, qui lui en vouloit, le rencontra unjour , et l’ayant bien battu : Tou argent est prêt,ajouta i il. Diogène ne répondit rien sur PLeure ;mais le lendemain il l’attendit avec des ganteletsaux deux mains , et lui assénant un coup de toutesa force : Ton argent est prêt, lui dit-il. Lysias, uncertain apothicaire, lui demandoit une fois s’ilcroyoit qu’il y eût des dieux : Il faut bien que jele croie , répliqua-l-il, puisque je sais incme qu’ilsn’ont point de plus grand ennemi que toi. Quel-ques uns assurent que ce mot est de Théodose.Voyant un jour un homme qui se lavoit dans l’eaupour se purifier : Hé ! pauvre misérable , lui dit-il,sache que cette eau n'est pas plus capable d’elfa-cer les crimes que tu as commis pendant ta vie ,que des fautes do grammaire. Il assuroit que leshomme» se plaignoient à tort de la fortune , par-cequ’ils demandoient aux dieux, non pas ce qui-éloil bon véritablement, mais ce qui leur paroissoitbon. Il disoit à ceux qui sont ell'rarés des songe»qu’ils font : Vous vous embarrassez des choses quevous faites en dormant, et vous n’avez pas la moin-dre inquiétude de celles que vous faites étant éveil-lés. S’étant trouvé aux jeux olympiques , commele héraut, selon sa coutume , se fui mis à crier,Dioxippe a vaincu tous les hommes qui ont parudans la lice: C’est moi, lui dit-il, qui sais vaincreles hommes ; car pour lui ce ne sont que des escla-ves. Il étoit fort aimé des Athéniens, jusque làqu’ils condamnèrent au fouet uu jeune garçonpour avoir rompu son lonneau, et lui eu firentdonner un autre. Denys le stoïque rapporte qu’a-prèsla bataille de Chéronée , il fut pris prisonnierdes Macédoniens , et qu’étant mené à Philippe, ceroi lui demanda qui il étoit : Un espion , reprit-il,de Ion insatiable avidité. Ce même auteur assureque « elle hardiesse inspira de l'admiration à Phi-lippe, qui donna ordre qu ’011 le délivrât surl’heure. Alexandre avoit envoyé des lettres à Athè-