FRAGMENTS
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nés, adressera j^lipaler par un certain Athlië ,qui vent dii^etf grec autant que malheureux.Diogène s’y trM^f présent quand il les reçut, et,faisant allusion à ce nom : Athlië, dit-il, a envoyéles lettres d'Allilië à Athlië' par Athlië. PerviceusPayant menacé par lettres de le faire mourir s’ilne h* vonoit trouver: Il 11e fera pas grand’chose ,répliqua t il, puisqu'une mouche et une araignéepeuvent bien en faire autant ; que ne me menace-t-il plutôt, ajouta-t-il , que si je ne le vais trouver ,il trouvera bien moyen de vivre heureux sans moi?
Il crioit souvent que les dieux ne donnuieut quetrop de moyens aux hommes pour vivre à leur aise,mats que les moyens étoient cachés à ceux qui ai-muienl si fort les ragoûts, les paifums, et toutesces vaines superfluité*. Voyant un jour un hommequi se faisoit chausser par son valet : Tu ne seraspoiiitcncoicparfaileriient heureux, lui dit il, qu’onne t’ai* coupé les deux mains, afin que tu te puisseshonnêtement faire moucher par lui. Une autrefois, ayant aperçu des sergents qui menoient enprison un coupeur de bourse qui avoit vole uneaiguière : Voilà , dit-il, de grands voleurs qui enmènent un petit en prison. Voyant un jeune gar-çon qui ruoit des pierres à une potence : Courage,lui dit-il, tu parviendras au but. Il se trouva unefois entouré d'une foule de petits garçons quicrioiem garel gâte! qu’il ne nous morde : Ne crai-gnez rien . leur dit-il, un chien ne mange point decarottes. Voyant un homme qui prcuoil plaisir àse couvrir de la peau d’un lion : Cesse, mon ami,lui dit-il, de déshonorer l’bahit de la veitu.
On exalloit un jour devant lui le bonheur deCallislhènes , d’être paiticipant , comme il étoit ,de toute la magnificence d’Alexandre : Et moi,répliqua-t-il, je le trouve bien malheureux de nepouvoir dîner ni souper que quand il plaît à Alexan-dre. Tl disoit que qu uul il avoit affaire d’argent ,et qu’il en preuoit de ses amis , c’éioit une dettedont ils s’acquittoient , plutôt qu’un présent qu’ilslui faisoient. On le trouva un jour en pleine ruequi faisoit quelque chose de la main qui n’éloil pasfort honnête: mais lui, sans s’éUmuer : Plût auxdieux , dit-il, que je pusse aussi bien apaiser lafaim de mon ventre en le grattant ! 11 se donna bienune fois la peine de remener lui-même à la maisonun jeune garçon qui alloit faire la débauche avecdesseignems de Perse , et avertit ses parents d'a-voir l’œil sur lui. II y eut un jour un jeune hommefort bien paré qui le vint consulter sur certainematière : Je ne vous répondrai point, lui dit Dio-gène, que vous tie 111’ayez lait savuir auparavant sivous êtes homme nu femme- One autre fuis, commeil étoit au bain, il en vit un qui versoii du vind’un pot dans 1111 autre, alin de juger, par le bruitque faisoit le vin en tombant, s’il réussiroit dansses amours ; et comme , à son avis , le pot eut ren-du un bon son : Il est d’autan! plus mauvais pourloi, lui dit Diogène, qu’il est fort bon. Quelquesuns , dans un festin , lui jrtoieut de loin , par déri-sion, des os comme à un chien; mais Diogène,se levant de table, se mit à pisser contre euxcomme un chien. Il disoit des orateurs et de ceuxqui mettent leur gloire à bien parler, qu’ils étoienttrois fois hommes, c’est-à dire trois fois misérables.
II appeloil un riche ignorant, un nionton quiavoit une toison d or. Ayant vu sur la porte d'unfameux débauché , moîsii/i à ven tre : Je medouloisbien , dit il, que cette maison boiroil tant et man-ge roi t tant qu'elle vomiroit enfin son maître. Dujeune garçon se plaignit une fois à lui de la multi-tude de ceux qui le voulaient corrompre : Cesse ,lui répondit Diogène, de leur faire voir qu’on tepeut conouipre. Étant un jour entré dans un bainfort sale ; Où est-ce , dît-il, que l’on fera laver' ,J àla sottie de ce bain-ci ? Il entendoit une fois unjoueur de luth qui en jouoit d une manière fortgrossière , et comme tous les autres le irailoientd’ignorant et de ridicule , lui seul le îouoit et leprisoit extrêmement ; quelques uns lui en deman-dèrent la raison : Je l’admire , reprit-il, de ce quejouant si mal, il s’amuse plutôt à cela qu’à tuer ouà voler. Il y en avoit encore un autre qui faisoitfuir tout le monde dès qu’il cmninençoit à jouer;un jour Diogène l'ayant rencontré: Bonjour, luidit-il, monsieur le Coq. D’où vient que vous m’ap-pelez ainsi? lui dit l’autre : C’est, répliqua-t-il,que tu fais lever tout le monde dés que tu com-mences à chanter. Voyant plusieurs personnes qui«voient les yeux fh-liéssurun jeune garçon, il se mità ramasser du lupin qui étoit à terre , à la vue detout le monde, et eu rempli-soî! à mesure sa be-sace. Cette action fit tourner la tête à tous ceux quiétoient là : lié quoi, leur dit-il. aimez-vous mieuxme voir que ce beau lils ? Un homme extrêmementsuperstitieux lui disoit une lois : Ne me fâche pas,car, d’un coup de poing, je te romprois la tête.Et moi, reprit-il, je te ferois trembler si je t’avoisseulement regardé du côté gauche. Un certain Ilé-gésias le prioit un jour de lui prêter quelques unsde ses ouvrages pour apprendre la philosophie :Dites-moi un peu , reprit Diogène, si vous vouliezmanger <le.«figues, voudriez vous qu’on vous don-nât des figues en peinture , et n’en achèteriez-vouspas de véritables? Avouez donc que vousêtesfou,puisque pouvant embrasser l’exercice véritable dela philosophie, vous vous conteniez de la voir parécrit. Quelqu’un lui reproeboit qu’il s’ètoit enfuide son pays : né , misérable , lui répliqua-t-il, 11’yai-je pas trop gagné . puisque c’est ce qui m’a faitdevenir philosophe? Et un autre qui lui disoit :Ceux de Sinope t’ont banni de leur pays : El moi,reprit-il, je les condamne à n’en bouger. Voyantun homme qui avoit gagné le prix aux jeux olym-piques, qui menoil paître les brebis : Pauvrehomme, lui dit-il, tu n’as quitté les jeux olympi-ques que pour venir aux néinéens. On lui dernan-doit une fuis d’où venoil que les athlètes nesen-toient point le.» coups qu’on leur donnait : C’est ,reprit-il, qu’ils ne sont faits que. de chair depourceau et de bœuf. II demandent un jotirl'au-mène à une statue, et la raison qu’il en donna:Je m’apprends, dit-il. à être refusé. Il fut obligé aucommencement de demander l’aumône pour sub-sister. Un jour donc comme il pria quelqu’un dela lui donner : Si tu i’as jamais donnée à quel-que autre eu ta yie, donne-Ja-moi ; si tu ne l’aspoint donnée, commence par moi. Un tyran luidemandoit un jour quel étoit le meilleur airain :Celui, répliqua • t - il, dont on fond les statues