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Oeuvres complètes de J. Racine / revues avec soin sur toutes les éditions de ce poète, avec des notes extraites des meilleurs commentateurs par P. R. Auguis
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DE TRADUCTIONS. 409

d’Harmodius et d’Aristogilon. A propos de Denysie tyran, il disoit qu'il traitoit ses amis comme dessacs : car, ajoutoil-il, il les prend quand ils sontpleins, et les jette quand ils sont vides. Ua nouveaumarié avoil l'ait lueitrc celle inscription sur le seuilde sa porte : Hercule rttllinique, fils de Jupiter,loge céans; que rien de méchant n'entre ici dedans;mais Diogène, sans dire mot, écrivit ceci ensuite :Apres In mort le médecin. U vil une fois un hommequi s’éioit ruiné eu folles dépensés , qui faisoit sonsouper de quelques olives dans une gargoterie 15 :Misérable , lui dit-il, si lu eusses dîné delà sorte ,tu ne souperois pas aujourd’hui comme tu fais. Ildisoit que les Loin mes vertueux éloient les imagesdes dieux. Il appeloit l’amour l’occupation des oi-sifs. Quelqu’un lui ayant demandé ce qu'il croyoitqu’il y eût au monde de plus misérable, il répon-dit, Ln vieillard pauvre ; et à un autre qui s’en-quéroit de lui quelle étoit la bêle la plus dange-reuse , Un médisant, répliqua-t-il, entre les farou-ches; et un llatteur entre les privées. Voyant untableau où il y avoit deux centaures fort malpeints: Quel est le Chiron dés deux? dit-il. Ilappeloit les paroles de llalteries des filets de miel ;et le ventre , la Charybde de la vie. Ayant ouï direqu'un certain Didyme avoit été surpris en adultère:Il est digne deux fois, dit-il, d être pendu par sonnom 14 . On lui demaudoit un jour d’où venoil quel’or étoit pâle : C’est, répliqua-t-il, que tout lemonde est aux aguets pour l’attraper. Voyant unefemme dans une litière: Ce n’est pas là, dit-il, unecage pour une bêle si farouche. Il vit un jour unesclave fugitif qui étoit assis sur la margelle d’unpuits : Mon ami , lui dit-il, prends garde d’y tom-ber. Une lois, étant au bain, il aperçut un certainCillius qui étoit un de ces voleurs qui viennentpour voler les babils de ceux qui se baignent, ets’approchant de lui : Est-ce pour voler ou pourvous baigner, lui dit-il, que vous êtes ici ? Voyantun jour des femmes qu’on avoit pendues à desoli-viers : Plût aux dieux , s’écria -1 - il, que tous lesarbres portassent de semblables fruits 1 Ayant ren-contré un certain homme qui étoit accusé de fouil-ler dans les sépulcres, il lui dit sur-le-champ cesdeux vers :

Qui t’amène en ces lieux , honte de la nature ?Viens tu fouiller les morts jusqu’en leur sépulture?

Qu lui demandoit un jour s’il avoit un valet ouune servante, il répondit que non. Et qui est-cedonc, reprît celui qui l’inlcrrogeoit, qui prendrale soin de tes funérailles après ta mort? Celui,répliqua-t-il, qui voudra loger dans ma maison. Ilaperçut un jour un beau garçon qui dormoit à sonaise couché tout de son long: Réveille-loi, loi ditDiogène ; u’as-lu point de peur

Qu’une flèche, en dormant, te perce par derrière i

et à un autre qui aimoit extrêmement la bonnechère : Si lu n’y donnes ordre , lui dil-il,

TeB jours seront, mon fils, de fort courte durée.

Un jour Platon discouroit de ses idées, assurantqu’une table avoil sa tabléilé, et un pot sa poléité :

I Pour moi, reprit Diogène, je vois bien un pot etune lubie ; mais je ne vois ni poféité ui tabiéité.C'est, lui répliqua Platon, que tu as des yeux pourvoir la table et les pots, mais lu n’as pas assezd’esprit pour concevoir la tabléilé et la potéilé. Onlui demandoit une fois quel homme lui paroissoitSocrate : Un fou , répliqua.i-il. Un autre s’enqué-roit de lui en quel âge il se falloit marier : Quandon est jeune, il n’est pas temps; quand on estvieux , il n’est plus temps. Quelqu’un lui disoit unjour : Que voudriez-vous qu’un homme vous don-nât pour recevoir un soufflet de lui ? Un casque ,reprit Diogène. Voyant un huimne qui se paroif :Si c’est aux hommes, lui dit-il, que tu veux dis-puter le prix de la beauté , lu es bien misérable;si c'est aux femmes, lu es bien injuste. Commeun jeune homme eut rougi devant lui : Courage ,lui dit Diogène, je vois la couleur de la vertu.Entendant un jour plaider deux avocats sur unlarcin dont l’un étoit accusé par l’autre, il les con-damna tous deux : Car l’un , ajouta-t-il, a volé , etl’antre ne l’a point été. On lui demandoit un jourquel vin étoit le plus agréable à boire : Le vind'autrui , répondit-il. Ou lui disoit une fois : Toutle monde se rit de toi : Je ne suis pas ridicule pourcela , reprit-il. Un autre soutenoil devant lui quec’étoit une chose malheureuse que de vivre : Disde mal vivre, interrompit Diogène , et non pasde vivre. Quelques uns lui conseilloient de fairechercher un valet qu’il avoit, et qui s’étoit enfui.Non , non , reprit il, ce seroit une chose ridiculeque Mauès se pût passer de Diogène, et que Dio-gène ne se pût passer de Mauès. Un jour, commeîl ruangeoit des olives, un homme vint lui offrirdes gâteaux ; mais il le renvoya avec ce vers :

Fuyons, ami, fuyons ees infâmes tyrans.

On lui demandoit une fuis de quelle espèce dechien il éluil : Quand j’ai faim, répliqua-t-il, jesuis doux comme un chien do Méliie ; mais quandje suis soûl, je suis ardent comme un chien deMolosse. Enfin, ajnula-l-il, je suis de cette espècede chien qu’on prise extrêmement, mais que peude personnes veulent mener à la chasse, à causede la fatigue qu’il se faut donner. Eu elfet, vouslouez assez mon genre de vie, mais il n’y en a pasun qui le veuille suivre, à cause despeiues et dessueurs qu’il faut endurer. On s’enquéroit une foisde lui si les sages mangeoient des tartes et des gâLcaux : Que cela est étrange, répliqua-t-il, qu’ilsen mangent tout de même que d’autres hommes !Quelqu’un se plaignoil à lui de ce qu’on donnoitsouvent l'aumône à de gros gueux aveugles etestropies, et qu’on ne donnoit rien aux philoso-phes : C’est, répliqua-t-il, que la plupart deshommes prévoient bien qu’ils pourront deveniraveugles ou estropiés , mais pas un n’aspire à de-venir philosophe. Il demandoit un jour l’aumôneà un homme fort avare, et comme celui-ci ne sepressoit pas trop de la lui donner : Je ne demandepas votre mort, lui dit-il, je demande ma vie.Quelqu’un lui ayant reproché qu’il avoit autrefoisfait de la fausse monnoie : Il est vrai, lui répon-dit-il, que j’ai été autrefois cc que vous êtes ; mais

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