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Oeuvres complètes de J. Racine / revues avec soin sur toutes les éditions de ce poète, avec des notes extraites des meilleurs commentateurs par P. R. Auguis
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le mal esl que tous ne serez Jamais ce que je suis.Et à un autre qui lui faisoit le même reproche : Jepissais aussi, répliqua-t-il, plus roide en ce teinpa-ià que je ne fais à celle heure. Un jour étant allé àMynde , il prit garde en entrant que les portes dela ville étoient fort grandes, Lien que la ville fûtfort petite, et s’adressant à quelques Myndiens quiétoient là : Messieurs, leur dit-il, si vous m’encroyez, vous fermerez les portes de voire ville depeur qu'elle ne sorte. Voyant un homme qu’onavoit surpris volant de la pourpre, et qu’on me-noit en prison, il lui dit sur-le-champ ce vers :

La mort sera bientôt de ton sang empourprée.

Cratère l’ayant fait prier de le venir trouver:J’aime mieux, répliqua-t-il, lécher du sel à Athènes,que de manger les meilleurs morceaux du mondeà la table de Cratère. Il alla voir une Ibis un certainorateur nommé Anaximène, qui éloit fort gras :Si vous faisiez Lien, lui dit Diogcne , vous nousdonneriez la moitié de votre ventre , car vous n’enseriez pas plus mal, et nèus nous en trouverionsmieux. Un jour, comme ce même orateur haran-guoit publiquement, Diogène se mit à montrerde loin un morceau de salé, et attira par cette ac-tion tous les assistants auprès de soi 15 ; et commeAnaximène s’en voulut fâcher : Vous voyez, leurdit Diogène , que tous les beaux discours de votreorateur ne valent pas un liard , car mon salé nem’a pas coûté davantage. On lui reprochoit unefois qu’il mangeoil en plein marché : C’est , répli-qua-t-il, que j’ai faim en plein marché. Il y en aquelques uns qui lui attribuent encore cet autremot-ci : Platon le trouva un juur qui lavoit deschoux, et, s’approchant de lui : Si tu eusses pu terésoudre, lui dit-il tout bas à l’oreille, à faire lacour à Denys le tyran, tu ne serois pas réduit àlaver toi-même tes choux. Mais Diogène s’appro-chant de lui tout de même : Si tu eusses pu te ré-soudre, lui repartit-il, à laver toi-même les choux,tu ne serois pas réduit à faire la cour à Denys letyran. Quelqu’un lui disoit un jour: Tu ne sauraiscroire combien il y a do gens qui se moquent deloi: Peut-être, répilqua-tii, que les ânes,se mo-quent d’eux aussi; mais ils ne se soucient pointpour cela des ânes, ni moi d'eux. Voyant un jeuneliomme qui raisonnoit de philosophie : Courage,lui dit-il, voilà les moyens de rendre les amantsde ton corps amoureux de ton esprit. Étant unjour entré dans le temple de Samolhracc, commequelqu’un s’étonna de la multitude des ullrandesqui y a voient été faites par ceux qui avoient faitdes vœux au milieu de la tempête, et qui étoientéchappé? du naufrage: Vous en verriez bien d’au-tres, reprit Diogène, si tous ceux qui n'en sontpas réchappé» avoient accompli les leurs. Tl v en aqui donnent ce mot à Diagoras : il vit une fors unjeune homme qui alloit à un festin : Mon ami , luidit il, tu eu reviendras pire que tu n’es. Ce jeunehomme le rencontra quelques jours après, etl’ayant abordé : Vous voyez, lui dit-il, j’ai été aufestin, et si je n’en suis pas empiré pour cela : Non,sans doute , reprit Diogène , car lu en es plus groset plus gras. 11 demandoit un jour à quelqu’un

guelque chose d’assez grande conséquence : Si tume peux persuader, lui dit l’autre , que je te ladois donner, je te la donne. Moi, répliqua Dio-gcne , si j’avois quelque chose à te persuader, je tepersuaderons de t'aller pendre. Un jour, comme ilrelourmn’t de Lacédémone à Athènes, on lui de-manda d'où il venoit et où il alloit : Je viens dequitter des hommes, dit-il, pour voir des femmes.Une autre fois qu’il retournoit des jeux olympi-ques , on lui demanda s'il y avoit bien du momie :Pour du monde , répondit-il, il y en a assez , maisd'hommes , fort peu. Il comparent des prodigues àces figuiers qui naissent dans des précipices, dontles fruits ne sont point mangé» par des hommes,mais par des corbeaux et par des vautours. Phryné,cette fameuse courtisane, ayant offert à Delphesune Vénus d'or, il alla met tic celle inscriptionau-dessous : Celle Venu* o été e'rigée des dépouillesde (a lubricité des Grecs . Un jour, comme Alexandrepassoit devant lui : Ne nu* ccmnois-tu pas? lui ditce roi ; je suis le grand Alexandre ; Kt moi , répli-qua Diogène , je suis Diogène le cynique. Ou luidemandoit une lois d'où venoit qu’on l’appeloitchien: C’est, répliqua-t-il, que je caresse ceuxqui me donnent, j’aboie après ceux qui ne medonnent rien , et je mords les coquins. Comme ilcueilloit des figues à un figuier, quelqu’un l’envoulut empêcher, en lui disant que cet arbre émitimpur, el qu il y avoit peu de temps qu’un hommes’y étoit pendu : Eh bien, répondit-il , je le puri-fierai. Voyant un athlète qui venoit de remporterle prix aux jeux olympiques, et qui ne pouvoildétourner se» yeux de dessus une courtisane :Voyez, dit-il, ce brave champion , qu’une jeunefille emmène par le collet. Il cornparoit les bellescourtisanes à du miel empoisonné. Un jour,comme il mangeoil en plein marché, il y eut plu-sieurs personnes qui s'amassèrent autour de lui,et qui se mirent à crier, Au chien! au chien!mais Diogène, sans s’émouvoir : C’esL vous, leurrépliqua-t-il, qui êtes des chiens, de rôder commevous faites à l’entour île moi durant que je dîne.Voyant deux jeunes débauchés qui »e eaeboientpour éviter sa rencontre : Ne craignez rien , leurdit-il, un chien ne mange point de carottes. Onlui demandoit un jour d’un jeune efféminé dequel pays il étoit : Voilà une belle demande , rè-pondil-il, il est de Tégée ,5 . Ayant rencontré uncertain homme qui avoit la réputation d’avoir étéautrefois un inécliaul athlète , el qui depuis s’étoitfait médecin : Vraiment, lui dit-il, vous aveztrouvé un beau secret pour mettre en terre ceuxqui vous jeloieut à terre auparavant. Un jeunehomme lui montrait un jour une épée qu’un deses amoureux lui avoit donnée : Voilà une belleépée, répondit il, mais la garde en est fort vi-laine. Comme quelques uns louoient fort unhomme d’un présent qu’il lui avoit fuit: Et moi ,répliqua Diogène , vous ne me louez point de l'a-voir mérité. Quelqu’un lui redemandoit un man-teau : Si vous me l’avez donné, reprit-il, il est àmoi ; si vous me l’avez prêté, je m’en sers. Unautre lui dîsoit une fuis : Il a de l’or caché sousson manteau : Oui , sans doute, répliqua t-il , etc’est pour cela que je couche dessus. On lui de-